Cette mesure est proposée dans le dernier paquet de sanctions présenté par la Commission européenne, à l'impulsion de plusieurs Etats-membres dont les pays baltes.
Un panneau de promotion de l'armée russe à Moscou, le 22 mai 2025 (illustration) ( AFP / ALEXANDER NEMENOV )
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mardi 9 juin d'interdire d'entrée dans l'UE les ex-combattants russes en Ukraine, dans le cadre d'un nouveau "paquet" de sanctions contre la Russie. "Nous proposons pour la première fois d'interdire l'entrée dans l'Union européenne à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre" en Ukraine, a-t-elle déclaré devant la presse à Bruxelles. Et cela, "afin que l’Europe reste fermée à quiconque a participé à l’invasion de l'Ukraine, c'est aussi simple que cela", a-t-elle ajouté.
Plusieurs Etats membres de l'UE, dont les pays baltes, plaidaient depuis des mois pour une telle interdiction de visas pour les soldats russes, jugeant inadmissible qu'ils puissent faire du tourisme en Europe après avoir combattu en Ukraine. Ces mesures font partie d'un nouveau "paquet" de sanctions, le 21ème depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
La guerre des prix du pétrole
L'UE veut également suspendre le mécanisme qui permettait jusqu'à présent de maintenir le prix du pétrole brut exporté par la Russie environ 15% inférieur au prix sur le marché pétrolier.
Ce plafonnement, décidé par les pays du G7, s'impose à tous les intermédiaires voulant exporter du pétrole brut. Mais pour éviter un système trop rigide, il avait été décidé en janvier dernier qu'il serait doté d'un mécanisme d'ajustement automatique, pour maintenir le prix plafond au moins 15% plus bas que celui sur le marché. Mais, en raison de la guerre au Moyen-Orient, les prix du brut dans le monde se sont envolés, et ce mécanisme d'ajustement ne permet plus d'atteindre l'objectif initial: réduire les revenus de la Russie tirés de ses exportations de pétrole, qui financent l'essentiel de sa guerre contre l'Ukraine. Or, les revenus énergétiques "ont chuté d’environ 40% au début de l’année 2026", a affirmé Mme von der Leyen. Pour maintenir ces revenus à la baisse, "nous proposons donc de simplement suspendre cet ajustement jusqu’en janvier de l’année prochaine", a-t-elle expliqué. En janvier, lors de l'introduction du mécanisme d'ajustement automatique, le plafonnement avait été fixé à 44,10 dollars le baril.
Le prix du baril de brut Oural, qui sert de référence pour ce mécanisme, évolue actuellement aux alentours des 90 dollars, soit deux fois plus qu'en janvier dernier. Ce nouvel ensemble de sanctions cible aussi, et pour la première fois, le secteur de la pêche. "Nous proposons d’imposer des restrictions importantes sur les importations de certains produits de la pêche et une interdiction totale sur d’autres, comme la morue", a ainsi affirmé la présidente de la Commission européenne.
En ce qui concerne la lutte contre le contournement des sanctions par certains pays, la Commission propose d'ajouter 14 entreprises chinoises à la liste de celles interdites de commercer avec les pays de l'UE. Bruxelles veut aussi bannir certaines transactions en cryptomonnaie, utilisée pour contourner les sanctions financières occidentales contre la Russie. "Nos sanctions continuent de frapper durement et de faire très mal. Elles affaiblissent les bases économiques de l’effort de guerre de la Russie", a assuré Mme von der Leyen. Lundi, la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas a estimé à quelque 1.500 milliards d'euros le coût pour la Russie des sanctions européennes.
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