La commune de 550 habitants avait été le point de départ du mégafeu ayant dévasté la Gironde. Désormais les réponses de l'après-incendie doivent s'élaborer avec la réalité du terrain, demande la mairie dans une lettre ouverte adressée à l'appareil d'Etat.
Parti de Saumos, le mégafeu de Gironde a parcouru 42.000 hectares (illustration) ( AFP / PHILIPPE LOPEZ )
"Nous avons subi le feu. Ne laissons pas maintenant l'aveuglement collectif décider de notre avenir". La mairie de Saumos, commune d'où est parti le mégafeu de Gironde fin juillet, a écrit au chef de l'État pour lui demander d'être "le point de départ d'une réflexion collective" et non "un laboratoire de décisions prises dans l'urgence".
Dans ce long texte adressé à Emmanuel Macron, aux parlementaires, à la préfète de Gironde et aux collectivités locales du territoire, et diffusé dimanche soir sur la page Facebook officielle de cette commune de 550 habitants, la mairie exhorte "les responsables nationaux et décideurs publics" à l'intégrer aux réponses "de l'après-incendie" prévues par les pouvoirs publics.
"Nous ne vous demandons pas de décider à notre place. Nous vous demandons de nous écouter avant de décider. Nous ne vous demandons pas davantage de normes élaborées loin du terrain", insiste la municipalité , une semaine avant une visite en Gironde de Sébastien Lecornu, accompagné de plusieurs ministres et des cinq membres de la mission lancée pour piloter la reconstruction des zones sinistrées.
"Regarder lucidement" les choix d'aménagement du territoire, de gestion de l'eau...
Ce déplacement sera l'occasion pour le Premier ministre de "s'entretenir longuement avec les élus locaux et les acteurs de la reconstruction", ainsi qu'avec les "acteurs socio-économiques de la région", selon Matignon. "Il n'existe pas de solution miracle pour lutter contre un monstre pareil", estime la commune, qui avait déjà connu un incendie ayant brûlé près de 3.800 ha à la fin de l'été 2022.
Le 22 juillet dernier, elle a été le point d'origine du mégafeu qui a parcouru 42.000 hectares, selon des estimations provisoires des autorités, et fait évacuer 220.000 personnes dans le département du Sud-Ouest.
Carte comparant les zones brûlées en Gironde et dans les Landes en 2022 et 2026, selon les données Effis au 3 août 2026 ( AFP / Jean-Michel CORNU )
"Le feu nous a rappelé une évidence que nous ne pouvons plus ignorer : nous dépendons de la nature bien davantage que nous ne la maîtrisons", insiste la mairie, qui demande "une véritable stratégie, construite avec celles et ceux qui vivent, travaillent et administrent ces territoires au quotidien" plutôt que de "devenir un laboratoire de décisions prises dans l'urgence". La commune demande ainsi à l'Etat de "regarder lucidement les choix d'aménagement, de gestion de l'eau, de développement économique et de protection de l'environnement qui détermineront notre capacité à affronter les prochaines décennies".
"Notre territoire a payé un prix immense. Il est désormais de votre responsabilité de faire en sorte qu'il ne soit pas sacrifié une seconde fois au nom de décisions prises sans lui" , conclut-elle.
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