Le pape Léon XIV salue la foule à son arrivée à l’aéroport d’Orly, en banlieue parisienne, le 25 septembre 2026, pour sa visite de quatre jours en France ( AFP / Alberto PIZZOLI )
Près du jardin du Luxembourg au cœur de Paris, une foule dense attend Léon XIV, agite des drapeaux français et du Vatican, entonne en chœur des chants religieux. "C'est incroyable d'être présent aujourd'hui", lance un jeune homme au premier jour de la visite papale en France.
Il est le guitariste d'une aumônerie de Vendée à qui "on a demandé de donner de la joie à ceux venus voir le pape". De nombreux groupes musicaux essaiment sur le parcours que doit emprunter le souverain pontife.
Le cœur de la capitale a été mis sous cloche et la circulation interdite dans les secteurs que doit emprunter la papamobile à partir de 16H30. Les balcons et trottoirs se parent des couleurs jaune et blanche du Vatican, avec des fanions distribués par les bénévoles.
Une déambulation de 2,5 kilomètres est prévue depuis l'église Notre-Dame-des-Champs près de Montparnasse, jusqu'à la place Saint-Michel, à deux pas de l'île de la Cité et de la cathédrale Notre-Dame. Là, sur le parvis de l'édifice restauré à grand frais après l'incendie de 2019, des enfilades de chaises blanches sont installées.
Ce moment qui doit durer un peu moins d'une heure sera le premier grand bain de foule de Léon XIV dans la capitale, avec 250.000 personnes attendues sous un ciel bleu immaculé et des températures estivales.
Des riverains ont affiché des banderoles pour dire "merci" ou accueillir le "pape Léon" pour sa première visite en France depuis son élection en 2025. Aucun souverain pontife n'avait foulé le sol parisien depuis 2008.
Vers la place Saint-Michel, des chants commencent à s'élever. "C'est la joie, je suis très, très heureuse", affirme Lydie Mouradian, 74 ans, remplie d'espoir d'apercevoir l'homme en blanc. "J'espère qu'il va dire de bonnes paroles qui vont toucher au cœur de tous les Français, et pas que des chrétiens: il faut qu'il parle de la paix, c'est important" ajoute cette retraitée vêtue d'un t-shirt de sa paroisse du 18e arrondissement de Paris.
Dès l'ouverture à 12H30 des périmètres accessibles au public, le public a pris place le long des barrières de la place Edmond-Rostand, en face du Panthéon.
"Pas comme aller voir Céline Dion"
Des fidèles attendent le passage du pape Léon XIV, avec le Panthéon en arrière-plan, à Paris, le 25 septembre 2026 ( AFP / Kiran RIDLEY )
"C'est naturel pour nous d'être ici. Ce n'est pas notre idole, ce n'est pas comme aller voir Céline Dion en concert par exemple: c'est un guide pour nous qui délivre un message de paix dont on a bien besoin dans le monde d'aujourd'hui", explique Anne, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, trentenaire et cheftaine scoute venue de banlieue.
Chemise bleue et foulard autour du cou, elle et sa fille ont prévu de quoi faire des bracelets brésiliens pour s'occuper jusqu'au passage du souverain pontife américain.
Certains sont arrivés dès le matin, dès 06H00 même pour David Cahrton, 53 ans. "Je suis croyant et on se doit venir d'accueillir le chef de l'Eglise", dit cet agent qualité dans une usine venu de Mulhouse le croyant, croix franciscaine autour du cou.
Pour lui, le but de la visite du pape est de "nous encourager à vivre notre foi dans un pays laïque" et "vivre dans un pays laïque c'est vivre ensemble et chacun avec sa religion. Ça ne veut pas dire pas de religion dans l'espace public".
Marion Desjars, étudiante en psychologie de 21 ans, est elle venue d'Angers: 300 km parcourus pour "vivre un moment de cohésion de l'Église".
"On a besoin et c'est important d'être là pour entourer celui qui nous unit", dit-elle dans son uniforme scout.
"Je sens que c'est l'effervescence. Et ce soir à la veillée des jeunes" au Stade de France, où sont attendues 80.000 personnes, "ça va être plus impressionnant", ajoute la jeune femme.
La papamobile devant le siège de l'UNESCO avec en fond la tour Eiffel, le 25 septembre 2026, à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )
Des groupes de musique jalonneront le parcours de la déambulation, avant les orgues et les trompette de la messe de samedi, dans un secteur où un dispositif de sécurité hors norme a été déployé, comme pour les autres étapes du voyage papal à Saint-Denis, Lourdes et Metz.
Plus loin sur le parcours, Marie-Christine Bodard, retraitée de 83 ans, a posé son tabouret portable pour voir de ses yeux "le rayonnement" de Léon XIV: "J'attends qu'il nous guide, qu'il nous remette les idées en place, parce qu'on est un peu perdus avec tout ce qui se passe dans le monde, les guerres, la technologie (...). Il faut remettre de l'éthique, donner la bonne parole".

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