Alors que les Européens envisagent de rétablir les sanctions de l’ONU contre l’Iran en l’absence de progrès sur le dossier nucléaire, Téhéran rejette une démarche "sans fondement moral et juridique".

Une reproduction de la première bombe atomique soviétique 'RDS-1', à Moscou, en 2023 (illustration) ( AFP / NATALIA KOLESNIKOVA )
Le ministre iranien des Affaires étrangères a indiqué vendredi 18 juillet qu'un rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran évoqué par les Européens face à l'absence de progrès dans les discussions sur le nucléaire iranien n'avait "aucun fondement moral et juridique" .
"Si l'UE/E3 (France, Royaume-Uni, Allemagne, ndlr) veulent jouer un rôle, ils doivent agir de manière responsable et mettre de côté le recours à la menace et aux pressions, y compris le 'snap-back' (qui permet de rétablir les sanctions internationales à l'encontre de l'Iran) pour lequel ils n'ont absolument aucun fondement moral et juridique" , a écrit Abbas Araghchi sur son compte X.
"Tout nouveau cycle de négociations n'est possible que si l'autre partie est prête à conclure un accord sur le nucléaire juste, équilibré et mutuellement bénéfique" , a-t-il ajouté.
Août comme échéance
Ces déclarations interviennent après une conférence téléphonique entre Abas Araghchi et ses homologues britannique, français et allemand, ainsi qu'avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Les diplomates européens ont fait part à Abas Araghchi de "leur détermination à utiliser le mécanisme de 'snap-back', en l'absence de progrès concrets" vers un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien "d'ici la fin de l'été" , selon le ministère français des Affaires étrangères.
Des responsables français ont précédemment indiqué que cela signifiait d'ici la fin du mois d'août.
L'espoir d'un retour de la voie diplomatique
Les Européens mettent la pression sur l'Iran pour tenter de le convaincre de "l'urgence de reprendre sans délai la voie diplomatique, en vue de parvenir à un accord robuste, vérifiable et durable sur le programme nucléaire iranien" , objet de nombreuses spéculations sur son état d'avancement depuis les frappes israéliennes et américaines en juin.
L'accord international sur le programme nucléaire iranien de 2015, duquel les Etats-Unis se sont retirés trois ans plus tard, comporte une clause permettant de rétablir des sanctions onusiennes contre Téhéran en cas de manquement à ses engagements, le mécanisme de "snap-back". L'accord expire en octobre, ce qui donne aux parties un délai très court pour invoquer cette clause.
La semaine dernière, Abas Araghchi a exhorté les Européens à jouer "un rôle constructif". "La menace de sanctions n'aide pas la diplomatie" , a-t-il expliqué au journal français Le Monde .
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