Un portrait photo d'Alex Pretti, 37 ans, a été placé sur un mémorial improvisé dans la zone où il a été abattu plus tôt dans la journée par des agents fédéraux de l’immigration, à Minneapolis, dans le Minnesota, le 24 janvier 2026 ( AFP / ROBERTO SCHMIDT )
La mort par balle d'un Américain de 37 ans, le second tué par les agents fédéraux à Minneapolis en janvier, a déclenché de nouvelles protestations samedi dans la ville secouée depuis plusieurs semaines par des manifestations contre les opérations de la police de l'immigration (ICE).
Alex Pretti, infirmier d'un service de réanimation, est mort après une altercation samedi avec des agents fédéraux sur une route. Son décès vient aggraver une situation déjà tendue depuis celui de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier dans sa voiture par un agent de l'ICE dans cette même ville.
L'administration Trump a aussitôt affirmé que l'homme s'apprêtait à mettre en danger les agents, comme elle l'a fait après la mort de Renee Good.
Malgré ces allégations et un appel au calme de la police locale, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer ces violences dans un parc de Minneapolis samedi soir malgré le froid glacial.
Des manifestants devant une barricade d'agents américains des forces de l'ordre fédérales après la mort d'un homme de 37 ans, tué par balle par des agents fédéraux, à Minneapolis (Minnesota), le 24 janvier 2026 ( AFP / Kerem YUCEL )
Des rassemblements de protestation ou d'hommages à Alex Pretti ont également eu lieu dans plusieurs villes de New York à Los Angeles, tandis que sur le plan politique les démocrates ont fait part de leur indignation, menaçant de bloquer le financement de l'Etat fédéral qui risque une nouvelle paralysie à la fin du mois.
Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a réclamé que les autorités locales, et non fédérales, prennent la tête des investigations. "On ne peut pas se fier à l'Etat fédéral", a-t-il affirmé, avant de fustiger l'ICE qui sème selon lui "le chaos et la violence".
Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et à l'authenticité confirmée par les autorités montre plusieurs agents avec des gilets affublés du sigle "Police" lutter pour amener une personne au sol puis la frapper plusieurs fois. Un tir résonne alors, les agents s'écartent de l'homme allongé dans la rue, avant de tirer à plusieurs reprises sur lui.
- "Au moins dix coups" -
Des manifestants se rassemblent près du lieu où des agents fédéraux ont tué par balle un homme de 37 ans, à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis, le 24 janvier 2026 ( AFP / ROBERTO SCHMIDT )
"Il était là pour se livrer à la violence", a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem lors d'un point presse, tandis que le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a qualifié Alex Pretti d'"assassin", dans un message relayé sur X par le vice-président JD Vance.
Selon le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS), l'homme était armé d'un pistolet semi-automatique et avait "violemment résisté" avant que l'agent, "craignant pour sa vie", ne lui tire dessus.
Sur X, le DHS a publié une photo de l'arme présumée.
Mais selon une analyse des images réalisée par le média d'investigation Bellingcat, "quelques instants avant que le premier coup ne soit tiré", on peut voir l'un des agents s'éloigner avec un pistolet semblable à l'arme postée par le DHS.
Ensuite, "deux agents différents tirent manifestement avec leurs armes, et au moins dix coups sont tirés au total", poursuit Bellingcat, précisant que "la plupart" l'ont été alors que "l'homme était déjà allongé au sol immobile".
Un agent de la police aux frontières américaine devant des manifestants à Minneapolis, près du lieu où des agents fédéraux ont tué un homme par balle, le 24 janvier 2026 ( AFP / ROBERTO SCHMIDT )
Le chef de la police de Minneapolis, Brian O'Hara, a indiqué lors d'une conférence de presse que l'homme habitait la ville, possédait un permis légal de port d'arme et n'était pas connu des services de police.
Il a décrit une "situation extrêmement imprévisible" après les tirs lorsque des manifestants sont arrivés, expliquant que les autorités locales n'avaient pas pu sécuriser les lieux pour l’enquête.
- "Escalade" -
"Le maire et le gouverneur poussent à l'insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante", a accusé sur sa plateforme Truth Social Donald Trump, pour qui il faut laisser la police de l'immigration "faire son boulot".
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a appelé le président à mettre fin aux opérations de l'ICE dans sa ville et à "rétablir la paix".
Des manifestants agenouillés et les mains levés protestent contre l'usage de la force par la police à Minneapolis (Minnesota), le 24 janvier 2026, après la mort par balle d'un Américain de 37 ans, tué par des agents fédéraux ( AFP / Kerem YUCEL )
La ville est sous tensions depuis la mort de Renee Good, devenue un symbole des excès dont est régulièrement accusée l'ICE à la suite du retour au pouvoir de M. Trump, qui revendique la fermeté de ses opérations antimigrants.
Maria, une habitante de 56 ans rencontrée dans la rue par l'AFP et qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, dit être venue "soutenir les gens qui manifestent pacifiquement" et leur apporter des réchauffe-mains alors que la température est descendue sous les -20°C.
Mais la situation est en pleine "escalade", puisque les agents de l'ICE "attaquent et terrorisent" les habitants, affirme-t-elle.
Vendredi, des milliers de personnes avaient déjà défilé dans le centre de Minneapolis pour protester contre les opérations antimigrants de l'ICE, au moment où les autorités américaines tentaient de calmer l'indignation provoquée par la détention d'un garçon de 5 ans.

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