Tout est parti d'une initiative originale du bailleur de la ville de Paris. Une de ses annonces HLM stipulait que "chacun devra mettre la main à la pâte". Après sélection, six familles sont retenues pour partager un immeuble du XIXème arrondissement aux pratiques nouvelles. Pour réduire leurs charges, les locataires s'engagent à sortir les poubelles et faire le ménage. Ce nouveau concept d'habitat participatif, déjà éprouvé à l'étranger, tend à se développer en France.
Nettoyerson immeuble pour réduire les charges, c'est possible
Une autre approche du logement
C'est une première pour les HLM de Paris. Le 2 mai, six foyers ont emménagé dans un petit immeuble neuf, 6 passage Desgrais dans le XIXème arrondissement, dans des appartements de 25 à 83m². Ces 6 familles, 13 personnes au total, ont été soigneusement sélectionnées en fonction de leur situation familiale, leurs conditions de logement, comme dans les HLM classiques, mais aussi de leur motivation pour le projet. Car dans ce petit immeuble, non loin de la rue de Crimée, ils devront à tour de rôle balayer les parties communes et sortir les poubelles. Tout cela pour économiser les frais de gardiennage souvent élevés et obtenir des charges réduites d'environ 40% par rapport à une résidence classique. De plus, ces locataires d'un nouveau genre auront voix au chapitre en ce qui concerne le choix du carrelage de leur salle de bains ou la couleur de la porte par exemple. Ici, tout le monde est responsabilisé et les futurs locataires "se sont impliqués dès le début" explique Stéphanie Queulin, responsable de l'agence Batigère de Paris, responsable du projet. Ils ont écrit eux-mêmes le réglement de copropriété de l'immeuble et ont été présents pour toutes les visites de chantier. Ils ont même "été formés au remplacement des ampoules et au petit entretien qui coûte habituellement cher aux locataires" poursuit Stéphanie Queulin.Parmi ces locataires il y a une vendeuse de chocolats, un ex-gardien, un ancien charpentier de navire ou encore une intermittente du spectacle. Cette dernière, Marie Mosser, explique avoir adhéré au projet car "c'est une vraie aventure humaine, avec nos différences. Et c'est ça qui est intéressant !"
L'habitat participatif comme alternative
Ce concept d'habitat participatif est très répandu dans les pays scandinaves. En Norvège, 15% du parc immobilier fonctionne sur ce mode. Le chiffre monte même à 40% pour la ville d'Oslo et à 80% pour celle de Tübingen en Allemagne.En France, ce système existe un peu dans le parc privé, où de futurs acheteurs se réunissent pour faire l'acquisition d'un immeuble par exemple. Dans le secteur locatif, ce genre nouveau n'existe, comme ici dans le XIXème, que sur le volet "accession à la propriété". Deux autres projets similaires sont développés dans le XXème et sur la ZAC de l'hôpital Saint-Paul, dans le XIVème. La ville de Paris souhaite "développer plus" cette "belle aventure" comme le témoigne Ian Brossat, adjoint (PCF) à la Mairie de Paris, chargé du logement : "l'habitat participatif est un non seulement un levier pour dégager du logement mais c'est surtout un moyen de changer le rapport au logement : faire baisser les charges mais aussi tisser du lien entre locataires dans une grande ville".
D'autant qu'il est possible d'aller beaucoup plus loin encore en termes de partage et d'économie : ainsi, à Bruxelles, dans un projet baptisé Brutopia, on a décidé de disposer d'une voiture à partager entre les habitants; à Montpellier, dans le projet Mascobado, les chambres d'amis sont des espaces communs que l'on "privatise" au gré des visites.
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