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Mobilisations lycéennes : un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte III" mardi
information fournie par AFP 05/10/2026 à 23:00

Des élèves manifestent devant le lycée Turgot à Paris, le 5 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

Des élèves manifestent devant le lycée Turgot à Paris, le 5 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

A la veille d'un "acte III" du mouvement lycéen auquel se joindront mardi des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans qui a vu sa main arrachée par une grenade policière.

"Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur internet, on va arrêter de bloquer, d'être en colère, sauf que la colère, elle est là depuis des années", témoigne Simon, du lycée Charlemagne dans le centre de Paris.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, Parcoursup... "les problèmes sont clairs", estime Alma, élève dans ce même lycée. "Quand on voit la chute de notre classement sur PISA, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas".

Lundi, le nombre d'établissements perturbés - 589 - était en baisse au regard de la mobilisation de vendredi - "presque 800" - selon le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, en déplacement lundi dans un lycée dans les Yvelines.

Les incidents sont globalement plus limités que ceux enregistrés en fin de semaine dernière. Mais la journée a été marquée par la blessure à Lens d'un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée par une grenade lors d'une manifestation, selon le préfet.

Un épisode "humainement dramatique", a déploré M. Geffray, qui a précisé "ne pas savoir dans quelles conditions" cela s'est passé. Le parquet n'est pas en mesure à ce stade de dire si l'adolescent a ramassé la grenade ou si elle "aurait atterri sur lui".

Un manifestant interpellé par la police à Nancy, le 5 septembre 2026 ( AFP / Jean-Christophe VERHAEGEN )

Un manifestant interpellé par la police à Nancy, le 5 septembre 2026 ( AFP / Jean-Christophe VERHAEGEN )

Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés , "l'immense majorité" l'ayant été "soit dans le cadre d'accidents", "soit par le fait d'autres individus extérieurs", selon Matignon. Ses services recensent également 85 personnels éducatifs blessés.

Plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Dix enquêtes de la police des polices sont lancées.

La Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé "une dérive globale par rapport à l'état de droit".

"On veut le bac, pas la BAC", ou encore "On envoie des SOS, on reçoit des CRS", pouvait-on lire lundi, en écho à ces inquiétudes, à l'entrée du groupe scolaire Saint-Joseph-de-la-Madeleine à Marseille.

Universités bloquées

Blocage du lycée Turgot à Paris le 5 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

Blocage du lycée Turgot à Paris le 5 octobre 2026 ( AFP / LOU BENOIST )

Mardi, l'Union syndicale lycéenne a promis un "acte III" mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines" et souligne que les revendications doivent être portées "dans un cadre pacifique".

Sur Sud-Radio, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dit "craindre" un embrasement, avec notamment le renfort d'étudiants. Lundi, l'Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués. Les forces de l'ordre sont notamment intervenues sur un site parisien de Sorbonne Nouvelle pour déloger des étudiants qui occupaient le hall, selon la CGT.

Les autorités s'attendent à une journée très compliquée, avec une mobilisation parisienne qui pourrait rassembler entre 20.000 et 40.000 personnes.

Une intersyndicale de l'Éducation nationale a apporté son soutien aux lycéens. "Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", a affirmé sa responsable Sophie Binet sur TF1.

Sur les réseaux sociaux ont fleuri des appels à une "semaine noire". "Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus", a assuré dimanche à Saint-Denis une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Parti mi-septembre de la région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, avec une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Depuis le début de la mobilisation, plus de 5.000 personnes, dont 87% de mineurs, ont été placées en garde à vue, a indiqué lundi la Chancellerie. A ce stade, 1.802 personnes font l'objet de poursuites.

"Cinq chantiers"

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise, pointée du doigt par le gouvernement, a affirmé dimanche "déplorer" les violences, mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement à ces débordements.

Des policiers près des portes du lycée Camille-Jullian de Bordeaux pour sécuriser l'arrivée des élèves, le 5 octobre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Des policiers près des portes du lycée Camille-Jullian de Bordeaux pour sécuriser l'arrivée des élèves, le 5 octobre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

La porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a annoncé que le projet de loi "casseurs-payeurs" serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre, un texte qui vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur.

Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent "partout" où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications. Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois".

Édouard Geffray a lui déjà appelé les responsables à préparer une reprise progressive des cours mercredi matin. Avec sans doute un temps dédié à des discussions avec les équipes et les élèves afin d'"objectiver les choses".

21 commentaires

  • 22:43

    Geffray est le huitième ministre de l'Éducation Nationale en 9 ans et demi de présidence Macron. Pas étonnant que ce ministère ne tourne pas rond et que l'EN soit aussi mal organisée.
    On note au passage que c'est aussi une mesure du désintérêt total et persistant de Macron sur ce sujet


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