Des insurgés liés à Al-Qaïda ont appelé les Maliens à se soulever contre le gouvernement dirigé par l'armée et à adopter la charia, à un moment où, selon plusieurs sources sécuritaires, le groupe a érigé des postes de contrôle autour de la capitale Bamako et s'est emparé d'une ville du nord.
Ces derniers incidents surviennent quelques jours seulement après que le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) a lancé
le 25 avrildes attaques sans précédent à travers le pays, en coordination avec le groupe rebelle à dominance touareg, le Front de libération de l'Azawad (FLA).
Ces attaques ont notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense. La ville de Kidal avait également été prise.
"Nous appelons tous les patriotes sincères, sans exception, à se soulever et à s'unir", ont déclaré les insurgés dans un rare communiqué en français publié jeudi soir et confirmé par le SITE Intelligence Group, basé aux États-Unis.
Le JNIM publie généralement ses communiqués en arabe, bien que le français soit la langue officielle du Mali pour l'administration et les affaires.
Le communiqué appelle les partis politiques, les soldats, les autorités religieuses, les chefs traditionnels et "tous les segments de la société malienne" à mettre fin à la "dictature" du gouvernement, qu'il qualifie de "junte terroriste".
Les chefs militaires maliens ont pris le pouvoir lors de coups d'État successifs en 2020 et 2021. Le chef militaire Assimi Goita a déclaré mardi que la situation était sous contrôle, s'engageant alors à "neutraliser" les groupes insurgés à l'origine des attaques de fin avril.
BLOCAGE DE BAMAKO
Une source sécuritaire a précisé vendredi que des militants avaient mis en place des sortes de postes de contrôle sur trois routes à l'extérieur de la capitale : la RN24 au nord-ouest, la RN7 au sud et la RN6 à l'est.
Un autre analyste sécuritaire a indiqué qu'il y avait des postes de contrôle sur la RN5, au sud-ouest de la capitale.
Un homme d'affaires a déclaré que les marchandises étaient empêchées d'entrer dans la capitale.
Par ailleurs, la ville de Tessalit, dans le nord du pays, a été prise par le FLA vendredi, ont indiqué six sources à Reuters.
Une vidéo vérifiée par Reuters montre des militants traversant Tessalit en voiture et hissant le drapeau du FLA.
Un porte-parole de l'armée malienne n'a pas répondu à une demande de commentaires.
(Portia Crowe et David Lewis; avec la contribution d'Aaron McNicholas, version française Benoit Van Overstraeten)

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