Cette image publiée sur le compte Truth Social du président américain Donald Trump le 3 janvier 2026 montre ce que le président Trump affirme être le président vénézuélien Nicolás Maduro à bord de l’USS Iwo Jima après que l’armée américaine l’a capturé le 3 janvier 2026 ( US President Donald Trump's TRUTH Social account / HANDOUT )
Donald Trump a menacé dimanche la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, d'un sort pire que celui réservé à Nicolas Maduro, le président déchu capturé et exfiltré la veille par les forces américaines pour être traduit en justice à New York, où il a passé la nuit en prison.
"Si elle ne fait pas ce qu'il faut, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que Maduro", a déclaré le président américain au journal The Atlantic au sujet de la vice-présidente vénézuélienne, à qui la Cour suprême de son pays a confié le pouvoir par intérim. "Le pays est totalement en faillite", a-t-il jugé.
Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafiquer de la drogue, les Etats-Unis ont mené samedi une spectaculaire opération d'enlèvement de Nicolas Maduro, 63 ans, et de son épouse Cilia Flores, 69 ans, accusés de "narcoterrorisme".
Commentant cette opération minutieusement préparée, Donald Trump avait déclaré samedi que les Etats-Unis allaient désormais "diriger" le pays de 30 millions d'habitants, ajoutant qu'il serait prêt à y dépêcher des troupes au sol et y lancer une "seconde vague" d'attaques.
Mais son chef de la diplomatie Marco Rubio s'est employé dimanche à tempérer ces propos, soulignant que Washington comptait sur Mme Rodriguez et d'autres dirigeants en place pour satisfaire aux exigeances américaines.
"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il averti.
Au Venezuela, l'armée reconnaît Delcy Rodriguez comme présidente par intérim, a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, qui a appelé ses compatriotes à reprendre une vie normale.
- L'or noir vénézuélien -
Le ministre vénézuélien a également exhorté la population "à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu'on veut nous imposer", accusant les Etats-Unis d'avoir commis un "enlèvement lâche".
Dans les rues peu fréquentées de Caracas, on ne voyait plus les patrouilles de policiers masqués et lourdement armés aperçues la veille. Des habitants patientaient devant les magasins d'alimentation, dont certains faisaient entrer les clients un par un pour éviter les pillages, selon des journalistes de l'AFP.
Le président américain Donald Trump, aux côtés du secrétaire d'État Marco Rubio (G) et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth (D), s'adresse à la presse après la capture et le transfert du président Nicolas Maduro par les forces américaines, depuis sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2025 ( AFP / Jim WATSON )
Si les Etats-Unis ne veulent plus s'impliquer, d'après Marco Rubio, dans les affaires politiques de pays tiers, comme en Irak ou en Afghanistan, Donald Trump n'a pas fait mystère de son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.
Le président américain a affirmé samedi qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l'or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.
Le Venezuela "n'a pas la capacité de relancer cette industrie", a déclaré Marco Rubio sur CBS. "Nous sommes presque certains que les entreprises occidentales manifesteront un vif intérêt. Les entreprises non russes et non chinoises seront très intéressées".
Après la diffusion par Donald Trump de la première photo de Nicolas Maduro les menottes aux poignets et les yeux bandés à bord d'un navire de guerre américain, la Maison Blanche a publié samedi une vidéo du président déchu, les mains entravées et en sandales, escorté dans les locaux de la Drug Enforcement Administration (DEA), l'agence fédérale antidrogue.
L'héritier de Hugo Chavez, qui a dirigé le Venezuela d'une main de fer pendant plus de dix ans après des élections générales entachées d'irrégularités, comparaîtra lundi devant la justice américaine.
- "Respect de la volonté du peuple" -
De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi à la demande de Caracas alors que les critiques ont fusé dans plusieurs capitales contre "une violation du droit international".
L'UE a exigé dimanche le "respect de la volonté du peuple vénézuélien", "seul moyen (...) de rétablir la démocratie et résoudre la crise actuelle".
Un membre de la garde nationale vénézuélienne en faction après les frappes américaines qui ont visé le pays, le 3 janvier 2026 à Caracas ( AFP / Federico PARRA )
Mais Marco Rubio a jugé dimanche qu'il était trop tôt pour évoquer l'organisation d'élections au Venezuela.
"C'est prématuré à ce stade", a-t-il dit sur NBC. "Nous attachons de l'importance aux élections et à la démocratie (...) Mais ce qui nous importe avant tout, c'est la sécurité, le bien-être et la prospérité des Etats-Unis".
Si des manifestants pro-Maduro ont dénoncé l'interventionnisme américain, des milliers de Vénézuéliens exilés, sur les huit millions qui ont fui leur pays miné par la pauvreté, ont célébré dans plusieurs villes du monde la chute de l'ancien homme fort.
"Enfin nous allons avoir un pays libre. Enfin nous allons pouvoir rentrer chez nous", a dit à l'AFP Yurimar Rojas, vendeur ambulant à Santiago du Chili.

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