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Macron veut une France "puissance crédible" face aux crises géopolitiques
information fournie par Reuters 15/01/2026 à 14:20

Le président français Emmanuel Macron visite la base aérienne militaire d'Istres

Le président français Emmanuel Macron visite la base aérienne militaire d'Istres

Emmanuel Macron a marqué jeudi son ambition de conférer à la France un rôle de "puissance crédible de stabilité" face aux tensions géopolitiques croissantes en Europe, dans l'Arctique et au Moyen-Orient, lors de ses vœux aux armées ‍depuis la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône).

L'année 2026, est "une année pleine de défis par les décisions que nous avons prises pour nous-mêmes, par les défis géopolitiques qui s'imposent à nous", a lancé le président de la République en ouvrant un discours long de près de 45 minutes.

"Nous, Français, nous ne sommes pas les ‌spectateurs ou les commentateurs du monde. Nous devons être à chaque instant déterminés. Nous sommes là pour agir, agir, pour prendre l'initiative, pour nous protéger", a-t-il ajouté, alors que les tensions se multiplient de part et d'autre de la planète.

Dans le "Grand Nord", la situation au Groenland préoccupe ​les alliés européens après des déclarations américaines évoquant une possible annexion de l'île. La France, comme d'autres pays européens, s'est engagée à déployer ⁠des forces de reconnaissance, un geste militaire inédit dans cette zone stratégique.

Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, a précisé sur franceinfo qu'une quinzaine de chasseurs alpins se rendaient au Groenland dans un premier temps.

"C'est le ⁠rôle que la France doit jouer, celui d'être disponible face ‍à l'évaluation de la menace, de savoir s'adapter et d'être aux côtés d'un État souverain pour protéger ⁠son territoire", a dit Emmanuel Macron, qui a annoncé l'envoi de renforts dans les prochains jours.

Présentant le Groenland comme vital pour la sécurité américaine, Donald Trump a réitéré ces dernières semaines sa volonté de prendre le contrôle de l'île de l'Arctique, à la localisation stratégique et riche en minerais, et a dit ​envisager toutes les options.

"UN NOUVEAU COLONIALISME"

Il n'a pas exclu une intervention militaire, des propos qui ont provoqué des tensions avec le Danemark et des secousses dans les rangs de l'Otan, d'autant plus après que les Etats-Unis ont bombardé ce mois-ci le Venezuela et capturé son président Nicolas Maduro.

Le Groenland et le ⁠Danemark, auxquels des pays de l'Union européenne ont apporté la semaine dernière leur soutien, martèlent que le territoire n'est pas à vendre ​et que les menaces de recours à la force sont irresponsables, appelant à résoudre entre alliés les ​préoccupations en matière de sécurité.

Au Moyen-Orient, la ​montée des tensions entre Washington et Téhéran, alimentée par des menaces de frappes américaine, impose à Paris de rappeler la nécessité d'une posture de dissuasion ​crédible pour préserver la stabilité régionale.

"Je pourrais ici convoquer l'Iran et beaucoup d'autres. Et ⁠puis un discours qui parfois sème le doute, y compris chez les alliés par certains, mais en tout cas un nouveau colonialisme qui est à l'oeuvre chez quelques-uns", a dit Emmanuel Macron.

La rapide évolution de ces deux derniers dossiers a conduit la présidence française à convoquer en urgence un conseil de défense ce jeudi matin.

"Grâce à nos armées, grâce à la cohérence de notre stratégie, nous sommes une puissance crédible de stabilité en Europe", a assuré Emmanuel Macron.

"Nous avons des ‌territoires engagés partout où la paix est menacée et nous le sommes en étant crédibles, fiables et lisibles, et c'est une qualité rare dans le monde qui est le nôtre."

Sur le plan national, Emmanuel Macron a insisté sur la trajectoire budgétaire de la défense : une rallonge de 3,5  milliards d'euros est envisagée pour dès 2026, en complément des 413  milliards prévus par la loi de programmation militaire 2024‑2030, avec un objectif de 2 % du PIB consacré à la défense. Le président entend également relancer le service national volontaire, avec 3 000 jeunes espérés cette année et une montée en puissance à 10 .000 en ‌2030.

(rédigé par Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)

4 commentaires

  • 16:07

    De belles paroles mais dans les actes c'est totalement l'inverse.


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