La Première dame des Etats-Unis Melania Trump préside le Conseil de sécurité de l'ONU, le 2 mars 2026 à New York ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Melania Trump, présidente inédite d'un Conseil de sécurité bondé, a plaidé lundi la cause des enfants victimes de guerre à travers le monde, deux jours après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
"Les Etats-Unis sont aux côtés de tous les enfants à travers le monde. J'espère que bientôt, la paix sera avec vous", a-t-elle déclaré, deux jours après le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
"Aux familles qui ont perdu leurs héros qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, leur courage et dévouement ne seront pas oubliés", a-t-elle également lancé, après les premières morts américaines dans la guerre au Moyen-Orient.
A la surprise générale, ses services avaient annoncé la semaine dernière qu'elle entrerait "dans l'Histoire" en tenant le marteau de cette réunion, alors que les Etats-Unis assurent la présidence du Conseil en mars.
"Merci madame la présidente", a lancé l'ambassadrice grecque Aglaia Balta, qui a pris la parole juste après la Première dame.
Selon l'ONU, c'est la première fois que l'épouse ou l'époux d'un président ou présidente en exercice dans le monde préside une telle réunion.
Les Etats-Unis ont choisi le thème des enfants, de la technologie et de l'éducation lors des conflits pour cette réunion. Un sujet cher à Melania Trump, qui a notamment négocié avec Moscou pour obtenir la libération d'enfants ukrainiens enlevés par la Russie.
Rosemary DiCarlo, sous-secrétaire générale de l'ONU, a rendu "hommage" à la Première dame et "son engagement personnel" pour réunir ces enfants avec leurs familles. L'ambassadeur français Jérôme Bonnafont a décrit sa présence comme un "encouragement, comme le fut voici quelques décennies la contribution d'une autre première dame, Eleanor Roosevelt, à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'Homme".
La Première dame a, de manière générale, reçu un accueil chaleureux des membres du Conseil, même de la Russie qui a "salué" sa présence.
Cela suffira-t-il à faire oublier les critiques de l'administration de Donald Trump contre l'ONU ?
La Première dame des Etats-Unis Melania Trump préside le Conseil de sécurité de l'ONU, le 2 mars 2026 à New York ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
Le président américain a récemment répété que l'ONU avait "un grand potentiel" mais ne l'avait "jamais réalisé", et son ambassadeur aux Nations unies, Mike Waltz, s'en est pris samedi directement au Conseil de sécurité, incapable de faire respecter ses multiples résolutions sur l'Iran.
La présence de l'ambassadeur iranien à la réunion d'urgence du Conseil samedi quelques heures après le début des frappes contre l'Iran "tourne cet organe en dérision, a-t-il lancé, déplorant un manque de "clarté morale" de l'ONU.
- "Honteux et hypocrite" -
Après son dernier coup de marteau, Melania Trump a, elle, souhaité aux membres du Conseil "force et détermination pour préserver la paix dans le monde".
Daniel Forti, analyste pour International Crisis Group, doute que cette visite marque un changement d'attitude de l'administration Trump envers les Nations unies.
Cela va "seulement renforcer les contradictions inhérentes à la politique américaine sur la guerre et la paix", a-t-il indiqué à l'AFP avant la réunion.
Une question dont l'ambassadeur iranien à l'ONU Amir Saeid Iravani s'est emparé en parlant à la presse: "Il est profondément honteux et hypocrite qu'au premier jour de leur présidence (...) les Etats-Unis aient convoqué" cette réunion "alors qu'en même temps, ils ont lancé des missiles qui ont frappé des villes iraniennes et des écoles, tuant des enfants".
Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies présidée par la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, le 2 mars 2026 à New York ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
Les observateurs pointent d'autre part du doigt le fait que depuis un an, les Etats-Unis se sont notamment retirés de l'Unesco, en charge de l'éducation, de la science et de la culture et ont décidé de ne plus travailler avec la représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés.
Certains estiment aussi que le "Conseil de paix" créé par le président américain cherche à court-circuiter le Conseil de sécurité et les arriérés de paiement américains pèsent largement sur les finances de l'ONU en crise.
Malgré un récent paiement de 160 millions de dollars, ces arriérés se montent à plus de 4 milliards de dollars pour le budget général et celui du maintien de la paix, selon l'ONU.

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