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Macron reçoit Sunak pour retisser les liens franco-britanniques
information fournie par Reuters 09/03/2023 à 16:24

Le président français, Emmanuel Macron, serre la main du Premier ministre britannique, Rishi Sunak lors du sommet de la COP27

Le président français, Emmanuel Macron, serre la main du Premier ministre britannique, Rishi Sunak lors du sommet de la COP27

par Michel Rose et Alistair Smout

PARIS/LONDRES (Reuters) - Emmanuel Macron recevra vendredi Rishi Sunak, illustration d'un réchauffement entre la France et le Royaume-Uni après des années de crispation autour du Brexit et moyen pour les deux dirigeants de relancer leur coopération, notamment en matière de défense et de lutte contre l'immigration clandestine.

Depuis son arrivée au 10, Downing Street en octobre, le Premier ministre britannique s'est employé au fil d'échanges cordiaux avec le président français à déminer l'héritage empoisonné laissé par ses prédécesseurs Boris Johnson et Liz Truss sur des sujets allant de la pêche aux traversées de la Manche par les bateaux de migrants.

Les relations entre les deux puissances nucléaires ont aussi été ravivées par les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui impose aux Européens de coopérer davantage en matière de défense et de repenser sur le long terme leur architecture de sécurité.

"La priorité de ce sommet, c'est la reconnexion", dit-on à l'Elysée.

Signe du changement d'atmosphère en cours, le roi Charles a choisi la France pour sa première visite d'Etat depuis qu'il a succédé sur le trône à sa mère Elizabeth II. Le souverain est attendu à Paris et Bordeaux à la fin du mois.

Le déplacement de Rishi Sunak intervient sur fond de dégel entre Londres et Bruxelles après l'accord conclu avec l'Union européenne sur une révision du protocole régissant le commerce post-Brexit en Irlande du Nord, en évitant le rétablissement d'une frontière physique entre la province britannique et la République d'Irlande.

Le contexte apparaît donc favorable pour une accélération du rapprochement entre Paris et Londres, amorcé de manière très démonstrative par Emmanuel Macron et Rishi Sunak en novembre lors de la COP27 sur le climat en Egypte, la presse anglaise allant jusqu'à évoquer une "bromance" entre les deux dirigeants quadragénaires.

Dans la foulée, le Royaume-Uni a conclu un accord avec la France par lequel il s'est engagé à verser 72,2 millions d'euros pour la fin 2022 et l'année 2023 en échange d'un renforcement des mesures visant à décourager les migrants d'entreprendre la traversée de la Manche.

CHACUN SES PRIORITÉS

La question, source de fortes crispations au Royaume-Uni depuis des années alors que les partisans du Brexit avaient promis de "reprendre le contrôle des frontières", figurera une nouvelle fois en haut de l'agenda vendredi.

A Downing Street, on dit vouloir englober le sujet des traversées de la Manche dans une problématique plus large de lutte contre l'immigration clandestine, tout en accentuant les opérations contre les passeurs.

"Le sommet sera l'occasion de parvenir à ce résultat", dit-on de source proche de Rishi Sunak.

Le gouvernement britannique a présenté mardi un projet de loi visant à interdire aux personnes arrivant dans le pays de manière illégale de demander l'asile, une mesure qui pourrait s'avérer anticonstitutionnelle mais qui traduit l'impatience des Britanniques sur le sujet.

Interrogés sur les conséquences de ce projet pour Paris, des responsables français ont souligné que même si la loi était adoptée, cela ne changerait rien au fait qu'il n'y a plus d'accord de réadmission des migrants entre les deux pays depuis le Brexit.

"Sur l'impact sur les côtes françaises, on n'identifie pas de changement majeur, à supposer même que la loi soit en vigueur", souligne-t-on de source à l'Elysée.

Vu que le sujet est plus épidermique au Royaume-Uni qu'en France, "Londres risque de rester sur sa faim même si Paris fait de nouvelles annonces", estime Georgina Wright, directrice du programme Europe de l'Institut Montaigne à Paris.

Côté français, la priorité est plutôt de redynamiser les liens en matière de défense, à travers le soutien à l'Ukraine mais aussi dans le but de rendre inter-opérables les deux projets rivaux d'avion de combat du futur, le Scaf franco-germano-espagnol et le Tempest britanno-italo-suédois, indique-t-on à l'Elysée.

La coopération dans la région indo-pacifique figurera aussi au menu des discussions après le camouflet de l'annulation d'un contrat géant de sous-marins français avec l'Australie dans le cadre d'un pacte de sécurité conclu par Canberra avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni en 2021.

(Reportage de Michel Rose à Paris et Alistair Smout à Londres ; rédigé par Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)

1 commentaire

  • 09 mars 16:32

    quelque soient les désaccords , indispensable au vu de nos intérêts commerciaux croisés .


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