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Lisnard tente "l'échappée solitaire" du peloton LR dans la course à l'Elysée
information fournie par AFP 31/03/2026 à 21:52

David Lisnard, le 21 novembre 2019, à Paris ( AFP / JOEL SAGET )

David Lisnard, le 21 novembre 2019, à Paris ( AFP / JOEL SAGET )

Le maire de Cannes David Lisnard a claqué la porte mardi des Républicains dont il déplore "les ambigüités" pour se lancer dans la course à l'Elysée, tout en réitérant son appel à une primaire pour désigner le candidat de la droite.

"Je quitte LR parce que le parti n'a pas quitté tout simplement ses ambiguïtés et la macronie", a expliqué sur France 2 le président de l'Association des maires de France (AMF) après avoir remis sa démission au patron du parti Bruno Retailleau lors d'une rencontre au Sénat.

Il a déploré le maintien de ministres LR au gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré sa décision de suspendre la "réformette des retraites".

Confirmant qu'il était bien candidat à la présidentielle, David Lisnard a nié qu'il s'agisse d'une candidature de témoignage et assuré porter "un projet puissant pour que la France soit respectée, qu'elle soit indépendante et gagnante".

L'élu a néanmoins réitéré sa proposition d'organiser une primaire de la droite qui irait du centre-droit jusqu'à Sarah Knafo (Reconquête). "S'il n'y en a pas, cela voudra dire que certains suivent des aventures individuelles qui peuvent faire perdre la chance de rétablir l'ordre", a-t-il ajouté.

L'organisation d'une primaire est le grand point de divergence avec le parti de Bruno Retailleau qui s'est lancé dans la course à l’Élysée début février.

Il y a une semaine, le maire de Cannes s'était insurgé contre les décisions d'un bureau politique de LR, instance qui a écarté la primaire ouverte pour soumettre le 11 avril à ses adhérents trois options: désigner directement Bruno Retailleau comme candidat ; passer par une primaire réservée aux adhérents; ou une primaire plus ouverte et élargie aux sympathisants.

- "Réaction épidermique" -

"Je ne suis pas d'accord avec ce qui est proposé", s'était agacé devant la presse le maire de Cannes, déplorant que LR, parti dont il était pourtant l'un des vice-présidents, se perçoive toujours comme "en première division" et capable d'"imposer un candidat qui sera présent au second tour".

Au cours des dernières années, la menace de David Lisnard de quitter Les Républicains est devenue récurrente.

L'édile l'a brandie à l'automne lorsque les députés de son parti ont refusé de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu. Au soir des élections européennes, il y a près de deux ans, il avait déjà décrété que LR était "mort".

Au lendemain du bureau politique, le maire de Cannes avait assuré sur BFMTV qu'il quitterait prochainement le parti et dénoncé "un vote biaisé, un vote truqué" sur la désignation du candidat à la présidentielle.

"Une réaction épidermique! ", déplore un cadre des Républicains qui se dit convaincu que les deux hommes "s'aiment bien". Il en veut pour preuve le soutien apporté par David Lisnard il y a un an à Bruno Retailleau dans la course à la présidence de LR où il était opposé à Laurent Wauquiez, le patron des députés de droite.

Pour expliquer cette rupture, l'entourage du patron des Républicains estime que "David Lisnard va tenter une échappée". "Il se dit que si ça marche, tant mieux, sinon il sera repris par le peloton", explique un dirigeant du parti qui n'écarte donc pas qu'il mette pied à terre si les sondages ne le propulsent pas vers les sommets d'ici à l'automne.

Cette hypothèse d'une réconciliation a posteriori est également esquissée par le cadre LR: "Il pourrait prendre ses distances de Bruno Retailleau d'une manière respectueuse" pour laisser la porte ouverte à un retour, explique cette source.

Au sein des Républicains, on évoque une décision de rompre "prise sous la pression des adhérents de Nouvelle Énergie", le mouvement créé par le maire de Cannes, mais aussi le contexte des Alpes-Maritimes où David Lisnard a reçu le soutien d'Éric Ciotti, l'ex-patron de LR qui s'est allié au RN pour conquérir la mairie de Nice.

Ravi que l'édile de Cannes ait choisi de quitter le "Titanic LR", le député des Alpes-Maritimes l'a d'ailleurs invité à le rejoindre pour sortir de son "isolement".

"Si je devais être au RN, je serais au RN. Or, je n'y suis pas", a rétorqué David Lisnard sur France 2.

arz-bpa/hr/abl

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