Lionel Jospin, le socialiste qui aimait le sport pluriel
Lionel Jospin nous a quittés à 88 ans. Avec lui, une autre époque, une autre gauche, une autre manière aussi de penser le rôle du politique vis-à-vis du sport, et donc du foot.
La photo va forcément refaire surface. Nous sommes à l’Élysée le 14 juillet 1998. Le président de la République, Jacques Chirac, ne se contente pas de célébrer, comme à l’ordinaire, la fête nationale. Il reçoit les Bleus d’Aimé Jacquet, qui viennent de coudre, deux jours plus tôt, une première étoile sur leur maillot. Le pays est en liesse. La France vit alors sous le régime de la cohabitation. L’instant semble propice à l’union nationale. Sur le perron, Lionel Jospin, Premier ministre socialiste, est accompagné de certains membres de son gouvernement dit de gauche plurielle, dont Marie-Georges Buffet, ministre des Sports, communiste, qui laissera une trace certaine dans le sport tricolore, notamment avec une loi qui porte son nom. Lionel Jospin se montre plutôt réservé. Un style très éloigné de l’exubérance de l’ancien Maire de Paris qui, pourtant peu connaisseur en football, surjoue la proximité et la camaraderie avec David Trezeguet ou Thierry Henry, un peu comme il déambule dans les allées du Salon de l’agriculture, un verre à la main. Deux façons de penser et d’utiliser ou de regarder le sport au sommet de l’État.
Le foot au rebond
Par ailleurs, la prédilection du Premier ministre se porte sur le basket, qu’il a longtemps pratiqué, au lycée, à l’université, au CS Meaux, d’où proviennent d’ailleurs les plus célèbres photos de ses performances en short et en détente. Une passion qui demeurera très présente jusqu’à récemment. Il se rendra par exemple à Levallois applaudir les débuts d’un jeune prodige nommé Victor Wembanyama. Jospin suivait également l’actualité sportive, surtout lorsqu’elle débordait sur des débats de société. L’Équipe relate que l’ancien pensionnaire de Matignon leur avait écrit en janvier 2023, après le débordement fatal de Noël Le Graët (pour mémoire, ancien maire socialiste de Guingamp) sur RMC, afin de défendre, comme beaucoup à l’époque d’ailleurs, Zinédine Zidane : « Je tiens à dire simplement que Zinédine Zidane, l’immense joueur qui a illustré le sport français et le grand entraîneur de club, mérite notre admiration. Il doit être traité avec respect. » Il faut savoir s’occuper pendant sa retraite.…
Par Nicolas Kssis-Martov pour SOFOOT.com
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