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Les IA compagnons de santé sortent de l’ombre, avec prudence
information fournie par AFP 21/04/2026 à 12:47

Des robots conversationnels spécialisés dans la santé partent à l'assaut du public français, non sans prudence dans un domaine où l'erreur peut avoir des conséquences gravissimes ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )

Des robots conversationnels spécialisés dans la santé partent à l'assaut du public français, non sans prudence dans un domaine où l'erreur peut avoir des conséquences gravissimes ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )

Assister à n'importe quelle heure le quidam préoccupé par un symptôme ou une question de santé: des robots conversationnels spécialisés partent à l'assaut du public français, non sans prudence dans un domaine où l'erreur peut avoir des conséquences gravissimes.

Chez Alan, jeune assureur santé qui a tout misé sur le numérique, l'assistant virtuel Mo est en cours de déploiement pour donner ses conseils de santé aux 800.000 personnes couvertes par l'entreprise.

En interrogeant l'utilisateur sur ses symptômes, sur ses antécédents médicaux ou familiaux, Mo peut l'aider à décider s'il faut consulter et dans quel délai, voire faciliter la prise de rendez-vous en téléconsultation ou en présentiel si besoin.

Mo peut aussi donner des conseils de prévention personnalisés, voire aider à résoudre des problèmes d'assurance ou de remboursement, selon ses créateurs.

Mo va aider Alan à se positionner comme "l'interface centrale" de ses clients avec le système de santé, le "chef d'orchestre de leur santé personnelle", expliquait le cofondateur de l'entreprise Jean-Charles Samuelian, lors de l'anniversaire des 10 ans de l'entreprise, en mars.

Autre vedette de la santé numérique française, Doctolib met de son côté la dernière main à un "assistant parental" pour aider les parents dans le suivi de la santé de leur enfant.

Le robot conversationnel, déjà en cours d'utilisation chez 20.000 parents testeurs, va "d’ici quelques semaines" être disponible pour tous les parents utilisateurs de Doctolib.

"Nous voulons permettre à chacun d'avoir accès à la connaissance médicale, de mieux s'orienter dans le parcours de soins et d'être guidé proactivement afin de vivre en meilleure santé", affiche Mathilde Jaïs, directrice de l'offre "compagnon de santé" de Doctolib.

D’autres start-up moins connues sont également prêtes à prendre la vague, comme PaperDoc, qui a lancé Gustave, un assistant de santé vendu aux mutuelles pour qu’elles puissent proposer un "plus santé" à leurs clients.

- "Pas de diagnostic" -

"Gustave est un compagnon qui va essayer de vous amener vers la bonne orientation" dans le système de soins, explique Nicolas Gatulle, anesthésiste-réanimateur et cofondateur de PaperDoc, une start-up de 5 personnes qui commercialise déjà Archie, un moteur de recherche scientifique intelligent pour les professionnels de santé.

Autre vedette de la santé numérique française, Doctolib met de son côté la dernière main à un "assistant parental" pour aider les parents dans le suivi de la santé de leur enfant ( AFP / Grégoire CAMPIONE )

Autre vedette de la santé numérique française, Doctolib met de son côté la dernière main à un "assistant parental" pour aider les parents dans le suivi de la santé de leur enfant ( AFP / Grégoire CAMPIONE )

"Ce qui plait dans Gustave, c’est qu'il est capable de dire quand il ne sait pas et qu'il cite ses sources", indique-t-il.

Les trois éditeurs martèlent que leur robot conversationnel n'est nourri qu'aux sources d'information dûment reconnues sur le plan scientifique, comme les études des sociétés savantes.

Et qu'il n'est pas là "pour remplacer le professionnel", ni pour "fournir un diagnostic".

Leur rôle est plutôt d'apporter un éclairage pour aider le patient à décider - y compris le cas échéant, en recommandant d'aller voir rapidement un médecin.

Testé par l’AFP sur le cas - réel - d'un enfant présentant de la fièvre, un manque d'appétit et surtout des mouvements oculaires étranges, l’assistant de Doctolib pose une série de questions complémentaires: existence de vomissements ? De raideur dans le cou ? De comportements inhabituels ?

Après quelques échanges, il livre son conseil : "la situation nécessite une consultation médicale dans la journée ou au plus tard sous 24 heures", en expliquant pourquoi ("il faut écarter une infection ou d’autres causes pouvant nécessiter un suivi adapté").

Mais si on le presse de donner un diagnostic, il répond poliment: "en tant qu'assistant numérique, je ne peux pas établir de diagnostic personnalisé (...) mais je peux partager des informations générales sur les situations qui peuvent être associées à ce type de symptômes".

Pour l’assistant de Doctolib, comme celui d'Alan et celui de PaperDoc, un "agent IA" - une composante du système général - veille pour détecter les conversations à risque.

En tout cas, "dans 10 ans, nous aurons tous notre compagnon de santé personnel, qui nous connaît, qui comprend notre contexte, qui anticipe et qui agit à nos côtés" prédit Antoine Lizée, spécialiste en IA et père d'Alan.

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