Les Français ont continué à regarnir leur Livret A en août, en déposant 460 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré, après une augmentation du taux, selon les chiffres publiés mercredi par la Caisse des dépôts.
( AFP / DENIS CHARLET )
En juillet, le Livret A était revenu en territoire positif après 6 mois difficile, porté par la revalorisation de son taux à 1,7% au 1er août, conséquence du regain d'inflation au premier semestre.
L'attrait de ce livret réglementé avait pâti du recul de son taux de rémunération, tombé à 1,5%, en début d'année. Il a enregistré au premier semestre sa pire performance depuis près de 20 ans.
Cette collecte nette en août reste cependant faible par rapport à celles enregistrées entre 2023 et 2025 quand le taux du livret A avait atteint un plateau de 24 mois à 3%, mais également en comparaison avec celle de l'assurance vie.
La hausse du taux a également permis au Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), aux caractéristiques proches du Livret A, de voir les dépôts excéder les retraits de 80 millions d'euros en août, selon la CDC.
Les Français cumulaient fin juillet 608,9 milliards d'euros sur leurs Livrets A et leurs LDDS, toujours selon la Caisse des dépôts, en recul de 600 millions par rapport aux encours de 609,5 milliards d'euros enregistrés en août 2025.
Le Livret d'épargne populaire (LEP) a lui mis fin à une série de cinq décollectes successives, avec 60 millions d'euros engrangés sur ces livrets en août, contre 330 millions un an auparavant.
Ces montants sont très loin des 18,8 milliards d'euros déposés par les épargnants sur leur assurance vie au mois de juillet, portant les encours de ces contrats à 2.174 milliards à fin juillet, en hausse de 6% sur un an.
"L'épargne réglementée est prise entre deux feux, celui de la hausse du taux du Livret A et du LDDS et celui des contraintes de pouvoir d'achat", a commenté dans une note le président du Cercle de l'épargne, Philippe Crevel.
"La collecte du Livret A pourrait redevenir négative assez rapidement", estime-t-il, car "avec le maintien d'un prix élevé de l'énergie, le pouvoir d'achat des ménages devrait rester orienté à la baisse".
Le taux d'épargne des ménages a fortement fléchi depuis le début de l'année 2026, il s'établit à 17,2% de leur revenu disponible brut au deuxième trimestre, contre 17,9% au premier trimestre, selon des chiffres de l'Insee.
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