( AFP / DENIS CHARLET )
Le nombre de défaillances d'entreprises a quasiment stagné au troisième trimestre, avec une hausse limitée à 0,5% sur un an, mais elles sont à un niveau inédit, souligne une étude parue mardi.
Entre juillet et septembre, annonce l'étude trimestrielle du cabinet Altares, 14.652 procédures collectives ont été ouvertes, contre 14.583 un an plus tôt.
Il s'agit de la progression la plus faible observée depuis la sortie de la crise sanitaire, après plusieurs années de forte accélération des défaillances.
"Le rythme de hausse ralentit fortement" et "l'emballement des défaillances semble donc passé", observe Thierry Millon, directeur des études d'Altares.
Il note toutefois que "le nombre d'entreprises sinistrées reste à un niveau sans précédent" et que "des préoccupations demeurent notamment pour les secteurs dépendant des arbitrages budgétaires des ménages".
Le nombre de défaillances atteint désormais près de 72.000 sur douze mois glissants, un record selon le cabinet.
Les liquidations judiciaires directes ont légèrement reculé, de 1,2 %, à 9.744 jugements, par rapport au troisième trimestre 2025.
A l'inverse, les redressements judiciaires ont progressé de 4,2%, à 4.576 dossiers. Les sauvegardes restent marginales avec 332 ouvertures (-0,6 %).
L'impact social des défaillances diminue également : elles menacent 50.510 emplois au troisième trimestre, 2,9 % de moins qu'au troisième trimestre précédent.
Les plus petites et les plus jeunes structures restent les plus exposées. Les entreprises de moins de trois salariés totalisent 10.960 procédures, en hausse de 2,9 %, soit les trois quarts des défaillances enregistrées cet été. Les sociétés de moins de six ans concentrent pour leur part 42 % des jugements.
Sur le plan sectoriel, la construction montre des signes d'amélioration avec un recul des défaillances de 3,1 %, tandis que l'industrie manufacturière enregistre une baisse de 11,8 %. Les transports repassent également légèrement dans le vert (-1,6 %).
A l'inverse, l'hôtellerie-restauration reste fortement dégradée. Les défaillances augmentent de près de 10% dans la restauration et de plus de 30% dans l'hébergement. Les commerces et services de proximité, dépendants de la consommation des ménages, continuent également de souffrir.
Côté régions, les plus fortes dégradations sont observées dans les Pays de la Loire (+18,4 %) et en Bretagne (+11,4 %). Plusieurs grandes régions repassent cependant dans le vert, notamment la Provence-Alpes-Côte d'Azur (-5,5 %), la Normandie (-11,9 %), la Nouvelle-Aquitaine (-5,3 %) et le Grand Est (-4,9 %).
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