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Les chefs d'accusation retenus aux USA contre Nicolas Maduro
information fournie par Reuters 05/01/2026 à 10:53

Le président vénézuélien Nicolas Maduro va être présenté lundi à un juge fédéral à New York après avoir été capturé ce week-end par les forces spéciales américaines au cours d'une opération militaire à Caracas.

Le dirigeant de 63 ans est en détention avec son épouse Cilia Flores, 69 ans, depuis samedi soir dans une prison fédérale à Brooklyn. Tous deux devaient comparaître à 12h00 heure locale (17h00 GMT), devant un juge du district sud de New York, à Manhattan.

Nicolas Maduro, qui était au pouvoir depuis 2013, est accusé par les Etats-Unis (la Drug Enforcement Administration, DEA), d'être le maître d'oeuvre d'un narco-Etat et d'avoir conspiré en vue d'inonder l'Amérique du Nord de tonnes de cocaïne.

Voici ce que contient l'acte d'accusation rendu public samedi par le bureau du procureur de Manhattan contre Nicolas Maduro, sa femme, son fils et d'autres coaccusés.

QUELS SONT LES CHEFS D'ACCUSATION ?

La justice américaine accuse Nicolas Maduro et d'autres dirigeants vénézuéliens d'avoir pendant plus de 25 ans "abusé de leurs fonctions publiques et corrompu des institutions autrefois légitimes pour exporter des tonnes de cocaïne vers les États-Unis".

L'acte d'accusation allègue que le président vénézuélien et ses alliés ont "fourni une couverture policière et un soutien logistique" à d'importants narcotrafiquants, comme le cartel mexicain de Sinaloa et le gang vénézuélien Tren de Aragua. Selon le ministère américain de la Justice, ces organisations criminelles reversaient une partie de leurs profits à leurs protecteurs vénézuéliens.

Nicolas Maduro est notamment accusé d'avoir vendu des passeports diplomatiques vénézuéliens à des trafiquants de drogue notoires et d'avoir facilité des vols sous couverture diplomatique pour ramener l'argent de la drogue du Mexique au Venezuela.

Quatre chefs d'accusation sont retenus contre lui : narcoterrorisme, complot en vue d'importer de la cocaïne aux États-Unis, détention d'armes automatiques et d'explosifs et complot en vue de détenir des armes automatiques et des explosifs.

Le parquet l'avait déjà inculpé en 2020 pour les mêmes chefs d'accusation. L'acte d'accusation actualisé comporte des précisions et des coaccusés, dont son épouse, Cilia Flores.

La Première dame est accusée d'avoir ordonné des enlèvements et des meurtres, ainsi que d'avoir accepté des pots-de-vin en 2007 pour organiser une rencontre entre des trafiquants de drogue et le directeur de l'Office national antidrogue du Venezuela.

COMMENT VA SE DÉROULER LA PROCÉDURE JUDICIAIRE ?

Nicolas Maduro comparaît une première fois lundi. Le juge fédéral devrait l'informer des charges retenues contre lui et s'assurer qu'il dispose d'un avocat.

Il pourrait s'écouler plusieurs mois, voire plus d'un an, avant que le président vénézuélien ne soit jugé, sauf si le parquet lui propose un accord de "plaider coupable" qui lui permettrait éventuellement d'éviter un procès.

La procédure est supervisée par Alvin Hellerstein, auquel l'affaire avait été confiée en 2020. Âgé de 92 ans, le magistrat s'est montré peu réceptif aux arguments avancés par l'administration Trump dans d'autres affaires judiciaires très médiatisées. Il a notamment refusé l'expulsion de membres présumés de gangs vénézuéliens en vertu de l'Alien Enemies Act, estimant que cette loi datant de 1798 avait été invoquée de manière abusive par les autorités fédérales.

QUELLE PEUT ÊTRE LA DÉFENSE DE MADURO ?

Il est probable que ses avocats plaident pour l'abandon des poursuites au motif que Nicolas Maduro bénéficie de l'immunité, ou d'une protection contre les poursuites pénales en raison de son statut de chef d'État étranger.

Il est arrivé par le passé que des juges américains reconnaissent l'immunité de fonctionnaires étrangers.

Cependant, le précédent de l'invasion du Panama en 1989 et de la capture du président Manuel Noriega, accusé comme Nicolas Maduro de complot en vue de faire entrer de la drogue aux États-Unis, ne joue pas en faveur du président vénézuélien, la justice américaine ayant à l'époque considéré que Manuel Noriega n'était pas le dirigeant légitime du Panama.

Les avocats de Nicolas Maduro peuvent aussi tenter d'obtenir l'abandon des poursuites en invoquant le fait qu'elles ont été engagées de manière trop vindicative, ou en avançant que les faits retenus contre lui sont prescrits.

La plupart des accusations de complot au niveau fédéral sont soumises à un délai de prescription de cinq ans, ce qui signifie que les poursuites doivent être engagées au plus tard cinq ans après la commission présumée des faits.

(Rédigé par Jan Wolfe ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

2 commentaires

  • 05 janvier 11:29

    Un juge de 92 ans : c'est pire qu'au Soviet suprême...


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