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Lecornu veut hâter la reconstruction de Mayotte un an et demi après le cyclone Chido
information fournie par AFP 26/08/2026 à 08:11
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Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Mérignac en Gironde le 17 août 2026 ( POOL / Christophe ARCHAMBAULT )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Mérignac en Gironde le 17 août 2026 ( POOL / Christophe ARCHAMBAULT )

Sébastien Lecornu arrive à Mayotte mercredi pour tenter d'accélérer la reconstruction de l'archipel, qui tarde à se concrétiser un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, et où le Rassemblement national progresse.

Le Premier ministre, qui sera sur place avec plusieurs ministres de mercredi midi à jeudi soir, reconnaît des "difficultés persistantes" dans de nombreux domaines, comme l'accès à l'eau et aux soins.

Alors que les élèves de Mayotte ont déjà repris le chemin de l'école lundi, il souligne aussi les "besoins de construction et de rénovation des écoles", tandis que des "retards dans la livraison ou la mise en service d'équipements publics" sont à déplorer.

Ces difficultés "nourrissent une impatience que je comprends et que je partage", a-t-il écrit lundi dans un courrier aux maires de ce département français de l'Océan indien.

La reconstruction est "trop lente" et le Premier ministre promet de "sortir de terre" les projets prévus par la loi d'août 2025 visant à réparer les dégâts provoqués par le cyclone du 14 décembre 2024, qui a fait au moins 40 morts et détruit de nombreuses habitations.

Quelque 4 milliards d'euros de crédits sont prévus dans cette loi assortie d'une stratégie quinquennale 2026-2031, mais 12% seulement des engagements votés et délégués en 2026 ont été dépensés, selon le gouvernement.

"Mains vides"

Pour son premier déplacement en Outremer depuis sa nomination à l'automne 2025, le chef du gouvernement devrait visiter notamment un poste de sécurité, un quartier de renouvellement urbain, et rencontrer des écoliers. Il devrait aussi s'exprimer devant l'Assemblée de Mayotte et échanger avec les maires sur la reconstruction.

Dans son courrier, il évoque des décisions à venir dans la lutte contre l'immigration clandestine, alors que la moitié des 323.000 habitants de l'archipel sont de nationalité étrangère selon l'Insee, en majorité originaires des Comores voisines, ou sur "la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes" français dans le stratégique Océan indien.

Malgré les retards, le chef du gouvernement souligne le "caractère définitif et irréversible" des projets prévus par la loi mais qui tardent à voir le jour, comme la construction d'un second hôpital, d'un nouvel aéroport, d'une deuxième prison ou d'une usine de dessalement.

L'instabilité politique avec notamment la censure du gouvernement de son prédécesseur François Bayrou - venu à Mayotte juste après le passage de Chido - explique "en partie ces difficultés", selon M. Lecornu.

La députée Liot (indépendants) Estelle Youssouffa, pourtant proche du Garde des Sceaux Gérald Darmanin, se demande sur X pourquoi le Premier ministre vient "les mains vides". Elle dénonce un "tourisme ministériel (qui) pourrait passer pour de la provocation".

Appel à manifester

Sa collègue du Rassemblement national Anchya Bamana a écrit à M. Lecornu pour lui demander notamment le démantèlement du camp de Tsoundzou 2, où vivent dans la précarité plus d’un millier de demandeurs d'asile, ainsi qu'un bateau de la Marine nationale pour mieux surveiller les côtes.

L'intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc (éducation) de ce département le plus pauvre de France, a appelé de son côté à des grèves et des manifestations lors de cette visite pour réclamer une hausse des salaires visant à compenser la cherté de la vie, et un "alignement" des droits des habitants ultramarins sur ceux de la métropole.

Les candidats à la présidentielle ont commencé à se presser sur ce territoire de tradition musulmane où Marine Le Pen a obtenu 59% des suffrages au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022. Elle sera encore la favorite dans l'archipel à la présidentielle d'avril et mai prochains.

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, venu à Mayotte la semaine dernière, a multiplié les propositions visant à "fermer les vannes de l'immigration" sur l'archipel, qui cristallise la colère des habitants, et s'est attiré des critiques de la gauche.

Le président et candidat des Républicains Bruno Retailleau est lui venu avant la municipales de mars pour dénoncer un État "qui ne répond plus aux urgences" sur l'insécurité et la "pression migratoire".

Le Premier ministre a promis de revenir dans l'archipel début 2027 et d'installer d'ici là un "comité de suivi" interministériel.

1 commentaire

  • 09:05

    Il lui reste 8 mois pour faire ce qui n'a pas été fait en un an...


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