Aller au contenu principal
Fermer

Le ramadan plébiscité par les jeunes musulmans
information fournie par AFP 16/02/2026 à 12:46

Le ramadan, un moment "spirituel" et "de partage", séduit un nombre croissant de jeunes musulmans, dans un contexte plus large de retour vers le religieux ( AFP / Joël SAGET )

Le ramadan, un moment "spirituel" et "de partage", séduit un nombre croissant de jeunes musulmans, dans un contexte plus large de retour vers le religieux ( AFP / Joël SAGET )

A 23 ans, Samy s'apprête à entamer son neuvième ramadan, un moment "spirituel" et "de partage" qui séduit un nombre croissant de jeunes musulmans, dans un contexte plus large de retour vers le religieux.

"Je le vois comme un mois spirituel, plus qu'un mois où il faut jeûner", affirme à l'AFP l'étudiant en école de commerce (qui témoigne sous un nom d'emprunt), à quelques jours du début du ramadan, autour du 18 février.

Ne pas manger ni boire de l'aube au coucher du soleil est "la partie la plus simple. Le plus compliqué va être de se conditionner mentalement à faire de bonnes actions!", ajoute-t-il en riant, rappelant que le ramadan, quatrième pilier de l'islam, suppose aussi prières, lectures du Coran et efforts de bienveillance.

A l'instar de Samy, 83% des musulmans de 18 à 24 ans observent le jeûne du Ramadan, selon un sondage Ifop publié en novembre.

Comment expliquer ce phénomène?

Il y a d'abord une hausse de la pratique sensible dans toutes les religions, mais "avec un peu plus de force chez les jeunes musulmans", estime le sociologue Tarik Yildiz.

Cet engouement "assez progressif" depuis plusieurs années s'explique par "l'éclosion d'une nouvelle génération née en France" et qui développe à l'âge adulte une pratique plus assidue que ses aînés.

"J'ai fréquemment vu des parents déconseiller à leurs enfants de faire le ramadan, alors que les enfants insistaient", affirme-t-il.

- "émulation" -

Samy parle ainsi d'"initiative personnelle" même si "baigner dans cette culture nous pousse indirectement" à faire le ramadan.

Plus observant, l'islam est aussi "recomposé en fonction de la société", explique M. Yildiz.

Il faut ainsi compter avec les réseaux sociaux, comme en témoignent les nombreuses vidéos sur internet d'imams et d'influenceurs aux discours plus ou moins théologiques.

En une période d'individualisation des croyances, l'islam devient pour ces jeunes "quelque chose qui se construit avec un choix délibéré, et une certaine dimension identitaire": il permet aussi d'afficher son appartenance à une communauté, notamment chez les adolescents où règne "une sorte d'émulation", selon le sociologue.

"Il y a un état d'esprit global qui fait qu'on est plus poussé à fréquenter les mosquées", notamment pour la prière nocturne, ajoute Samy.

Célia, 25 ans, avance une autre explication: "Ce qui attire d'abord les jeunes, c'est le côté social et festif de la rupture du jeûne".

- "repli sur soi" -

Elle-même a tenu à faire son premier ramadan dès sa puberté, à onze ans: "C'était surtout pour être adulte et faire comme les autres... Le ramadan tombait en été, on avait des journées à 38 degrés, je veillais toute la nuit et dormais la journée, c'était moins spirituel qu'aujourd'hui!" se souvient la jeune consultante (également sous un nom d'emprunt).

Le "mois béni" est depuis devenu "l'une des périodes de l'année où je me reconnecte à ma spiritualité, où je me rapproche de ma famille, et où je peux faire découvrir ma religion à mes amis non musulmans, en les invitant à la rupture du jeûne", ajoute-t-elle.

Pour certains cependant, faire le ramadan de façon marquée et ostentatoire "ne signifie pas forcément une connaissance des textes religieux", explique le politiste Haoues Seniguer.

M. Seniguer réfute aussi l'idée que la hausse de la pratique des jeunes traduise "une forme de radicalité, de prime aux thèses islamistes".

Car cet engouement est parfois regardé avec méfiance.

En novembre, un rapport de la droite sénatoriale proposait d'interdire le jeûne avant 16 ans.

"Ca s'ajouterait à tout ce qui vise la population musulmane aujourd'hui", soupire Célia, en déplorant que le retour du religieux fasse "plus peur quand il se produit chez les musulmans que dans les communautés juive ou chrétienne".

Une telle mesure "ne pourrait que provoquer un repli sur soi", estime Samy. Pour lui, "dire que suivre le ramadan est le premier pas vers un repli communautaire et une dérive islamiste, c'est du grand n'importe quoi".

3 commentaires

  • 13:22

    Allégeance de la presse avec le ramadan


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires