CCédric Jubillar dans la salle d'audience de la cour d'assises du Tarn, à l'ouverture d'une audience de son procès pour le meurtre de son épouse Delphine Jubillar, le 23 septembre 2025 à Albi ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Initialement prévu en septembre, le second procès de Cédric Jubillar, qui a avoué avoir étranglé son épouse Delphine fin 2020, a été renvoyé mardi par la présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne au premier semestre 2027 en raison de la poursuite de l'enquête après ces aveux.
À l'issue d'une réunion au palais de justice de Toulouse avec l'ensemble des parties, "la présidente a décidé, compte tenu des délais nécessaires à la réalisation des actes restant à entreprendre, au déroulement serein de l'enquête et au respect du contradictoire, d'ordonner le renvoi de l'audience", a indiqué la cour d'appel de Toulouse dans un communiqué.
Après cinq ans et demi de silence et de dénégations, Cédric Jubillar a suscité un coup de tonnerre judiciaire en reconnaissant, d'abord le 6 juillet dans un courrier, puis le 15 juillet face aux enquêteurs, avoir tué son épouse Delphine Aussaguel.
"Elle m'a dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs, j'ai vrillé, je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou et j'ai serré. Je lui disais +tais-toi, tais-toi, je t'en supplie, tais-toi!+", a-t-il déclaré le 15 juillet, selon le procès verbal de ses déclarations révélé par RTL, Le Parisien et Le Monde et dont l'AFP a aussi eu connaissance.
"Elle est tombée inerte (...) Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants", a-t-il ajouté.
"Abominable"
Son épouse, infirmière de 33 ans, avait disparu à Cagnac-les-Mines (Tarn), près d'Albi, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, sans que son corps ne soit jamais retrouvé, malgré de longues recherches des gendarmes.
Des bougies et des fleurs déposées devant un portrait de Delphine Jubillar, près de sa maison à Cagnac-les-Mines, le 6 mars 2025 dans le Tarn ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Malgré l'absence de preuves ou d'aveux à l'époque, Cédric Jubillar, peintre-plaquiste de 38 ans, avait été mis en examen en juin 2021, puis condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle.
Il a désormais conscience d'avoir commis "un acte abominable", a souligné l'un de ses avocats, Pierre Debuisson.
Après ses aveux, Cédric Jubillar a indiqué aux enquêteurs avoir caché le corps de son épouse en bordure d'un champ à une dizaine de kilomètres de leur domicile de Cagnac-les-Mines, près d'Albi. Des fouilles ont permis d'y découvrir des ossements, dont l'analyse a confirmé qu'il s'agissait bien de ceux de la disparue.
"Consensus"
Le report du procès, autour duquel il y a eu "consensus" lors de la réunion de mardi selon l'avocate des enfants du couple, Malika Chmani, permettra de réaliser "des investigations (et) des expertises de personnalité, au regard du nouveau positionnement de Cédric Jubillar sur les faits", a par ailleurs déclaré après le report Laurent de Caunes, avocat des frères et sœur de la disparue.
Des véhicules de la gendarmerie et une pelleteuse sur le site des recherches pour retrouver la dépouille de Delphine Jubillar, disparue en décembre 2020, à Villeneuve-sur-Vère, le 17 juillet 2026 dans le Tarn ( AFP / Matthieu RONDEL )
"Dans le cadre de ce renvoi, il peut d'ores et déjà être indiqué que le procès en appel de M. Jubillar devrait pouvoir se tenir au cours du 1er semestre 2027", précisent les magistrats toulousains dans leur communiqué.
Pour Me Chmani, ces mois d'attente supplémentaires, s'ils permettent "d'avoir une justice de qualité et d'avoir des réponses à des questions, on n'y est pas opposés".
"Ce nouveau délai va permettre de réaliser de nouveaux actes d'instruction qui n'avaient pas pu être mis en oeuvre auparavant car on n'avait pas les aveux de Cédric Jubillar", observe pour sa part Danaé Jeanclos, avocate d'une amie de Delphine Aussaguel.
La présidente de la cour d'assises pourrait ainsi demander "une expertise psychiatrique et psychologique, puisqu'elle a été demandée par la défense", estime l'avocate, mais également une reconstitution, voire de nouvelles fouilles.
Au procès, qui devrait se tenir avant le 19 avril selon plusieurs avocats, Cédric Jubillar sera jugé pour le même chef d'accusation qu'en première instance, à savoir meurtre par conjoint.
Sa détention, à nouveau provisoire après qu'il a interjeté appel de sa condamnation en première instance et "qui arrive à échéance le 20 octobre 2026, pourra être prolongée de six mois, renouvelable une fois", rappelle la cour d'appel de Toulouse.
Incarcéré à l'isolement à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s'est vu retirer en décembre l'autorité parentale sur ses deux enfants, désormais âgés de 11 et 6 ans, confiés par la justice à leur tante maternelle.

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