Aller au contenu principal
Fermer

Menacé par la DZ Mafia, le maire d'Alès exfiltré de son domicile
information fournie par AFP 21/07/2026 à 22:33

Des inscriptions sur le prix des drogues sur un mur du quartier des Cévennes à Alès, lors d'une visite de points de deal par des magistrats du parquet français, le 22 janvier 2026 dans le Gard ( AFP / Sylvain THOMAS )

Des inscriptions sur le prix des drogues sur un mur du quartier des Cévennes à Alès, lors d'une visite de points de deal par des magistrats du parquet français, le 22 janvier 2026 dans le Gard ( AFP / Sylvain THOMAS )

D'abord deux balles de 9 mm et des tags à son domicile, puis une exfiltration en pleine nuit : le maire LR d'Alès Christophe Rivenq est la cible de menaces attribuées au groupe criminel DZ Mafia qui a étendu son emprise sur la sous-préfecture du Gard.

Sous protection policière depuis vendredi après de premières intimidations, l'élu de 60 ans a été exfiltré de son domicile lundi soir après une nouvelle alerte.

C'est la "menace d'une action violente" visant l'édile qui a conduit à l'intervention des forces du RAID, a expliqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dénonçant "un acte d'intimidation".

Une source proche du dossier évoque la présence potentielle d'une voiture piégée dont l'existence n'est pas confirmée.

Christophe Rivenq avait déjà reçu jeudi dans une enveloppe deux balles de calibre 9 mm, signée du groupe criminel marseillais DZ Mafia, et des tags avaient été écrits sur la clôture de sa maison. Le procureur d'Alès avait précisé que les inscriptions étaient "signées +DZ NG+, donc DZ Mafia nouvelle génération" et "CVN pour Cévennes".

Le Parquet national anticriminalité organisée a annoncé s'être saisi de l'enquête sur l'ensemble de ces menaces.

"Guerre de démocratie"

"Je reste vigilant et à la tâche", a réagi M. Rivenq dans une déclaration à BFMTV. Le maire fait désormais l'objet "d'une protection à très haut niveau", a précisé le ministre de l'Intérieur.

Après les intimidations de la semaine dernière, il avait confié à l'AFP n'avoir "jamais reçu des menaces de ce niveau". "Cela montre que les actions que nous portons contre la DZ et le trafic de stupéfiants portent leurs fruits", avait estimé le maire, assurant : "Je ne me laisserai pas intimider".

Interrogé par Le Parisien, l'adjoint au maire de Marseille Amine Kessaci, lui-même vivant sous protection policière pour son militantisme antinarcotrafic l'exposant à des menaces, a assuré avoir appelé M. Rivenq pour exprimer son soutien.

"Ce que cela dit, c'est qu'un groupe mafieux, un groupe de narcotrafiquants, s'en prend aujourd'hui à notre démocratie. On est dans une véritable guerre de démocratie", a-t-il estimé.

A Alès, ville de 46.000 habitants au pied des Cévennes, certains habitants se disent sous le choc.

"On est surpris, inquiet parce qu'on dirait qu'il n'y a plus de limites", observe un homme d'une quarantaine d'années s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Une Alésienne, qui ne donne pas son nom, trouve "la situation très grave. Je suis très inquiète pour lui et pour sa famille. Il est ciblé parce qu'il empêche la DZ de Marseille de s'implanter à Alès".

"Alès, c'est un territoire qui est très convoité" par la DZ Mafia, avait souligné cette semaine Laurent Nunez.

Depuis l'été 2025, ce groupe criminel qui contrôle le narcotrafic à Marseille a fait irruption dans la cité du Gard, où il tente, comme ailleurs, de supplanter les réseaux locaux.

"Alès n'est pas très loin de Marseille, quand les dealers ont épuisé Aix, puis Avignon, ils s'attaquent désormais à Nîmes puis Alès et après il y aura les petits villages. La justice et la police n'ont pas assez de moyens", a déploré mardi l'ex-maire d'Alès (LR), Max Roustan.

Soutiens

Christophe Rivenq a reçu le soutien de personnalités politiques de tous bords. "Le narcotrafic se positionne dans le monde entier comme un contre-pouvoir utilisant toutes les failles pour mettre la main sur le pouvoir", a déploré le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.

"Ce que vit aujourd'hui le maire d'Alès Christophe Rivenq, doit faire prendre conscience à chacun de l'extrême gravité de la situation", a écrit la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, sur X.

L'Association des maires de France a appelé l'Etat à "déployer toutes ses forces dans le combat" contre le narcotrafic "sur le plan sécuritaire, pénal, diplomatique".

Le 3 juin, un jeune de 18 ans a été tué par balle dans le quartier des Prés-Saint-Jean, proche du centre-ville d'Alès. C'est déjà dans ce quartier que mi-janvier, un homme de 54 ans avait été tué et un trentenaire blessé, près d'un point de deal.

Quelques jours plus tôt dans le même quartier, quatre jeunes débarqués le jour-même de Seine-Saint-Denis avaient été la cible d'une rafale d'arme automatique.

"La vague de violence et la guerre de territoire pour le contrôle du trafic de stupéfiants, cela fait plus d'un an qu'on les ressent", a déclaré à l'AFP Me Guillaume Garcia, ex-bâtonnier d'Alès.

L'avocat réclame de longue date l'installation d'un juge pour enfant dans la juridiction car "dès qu'un mineur est arrêté sur un point de deal, il est très vite relâché" alors même qu'il y a "une explosion des points de deal tenus par des jobbeurs, de jeunes mineurs recrutés sur les réseaux sociaux et qui viennent de toute la France (...)".

Valeurs associées

1,180 EUR Euronext Paris 0,00%

3 commentaires

  • 21 juillet 19:00

    retour de baton de la Co lo nie
    surement vos enfants qui fument tous ca


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires