Les prix du pétrole accentuent leur hausse mardi, en raison de nouveaux signalements portant à trois le nombre de navires attaqués en 24H dans le détroit d'Ormuz, artère cruciale dans l'approvisionnement en hydrocarbures à peine rouverte à la navigation.
Après avoir annoncé qu'un premier tanker avait été touché lundi par un projectile non identifié, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a signalé deux autres incidents mardi: l'un visant un pétrolier atteint dans des conditions similaires, et l'autre contre un navire-citerne frappé par un drone d'origine inconnue.
Concernant le premier navire, le Qatar a indiqué qu'il s'agissait de l'un de ses méthaniers, Al-Rakayyat, et dénoncé une "attaque inacceptable" pour laquelle il tient "l'Iran pleinement responsable".
Dans les trois cas, l'UKTMO a indiqué qu'il n'y avait eu ni blessés, ni dégâts environnementaux.
"La reprise des attaques contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz" a "ravivé les inquiétudes concernant l'approvisionnement énergétique mondial et jeté le doute sur la pérennité de l'accord américano-iranien", résume Axel Rudolph, analyste chez IG.
Déjà en hausse en début de séance, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, grimpait davantage, prenant 2,44% vers 15H30 GMT (17H30 à Paris) à 73,75 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, gagnait 2,38% à 70,18 dollars.
"Toutefois, les prix sont restés proches de leurs plus bas niveaux depuis février", tempère M. Rudolph, "dans un contexte d'anticipations d'augmentation de l'offre et de décision de l'Arabie saoudite de baisser ses prix du brut pour les acheteurs asiatiques".
"La libération de réserves stratégiques de pétrole et la demande atone de la Chine depuis le début de la guerre avec l'Iran ont conduit à une surabondance dans certains marchés clés", note pour sa part Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.
L'analyste relève aussi que "les tankers chargés de pétrole qui attendaient depuis des mois de pouvoir quitter le détroit d'Ormuz naviguent à la recherche d'acheteurs".
Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.
Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit.

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