Une photo du lauréat du prix Nobel de Physique, édition 2026, Francis Halzen, à Stockholm, le 6 octobre 2026 ( TT NEWS AGENCY / Christine OLSSON )
Le prix Nobel de physique 2026 a été décerné mardi au Belge Francis Halzen pour ses travaux sur des neutrinos de haute énergie d'origine cosmique, dans les profondeurs de l'Antarctique, qui aident notamment à mieux comprendre les origines de l'univers.
Pour le comité Nobel, le lauréat a jeté les bases d'un tout "nouveau type d'astronomie".
Le physicien de 82 ans est récompensé pour ses contributions "décisives" à la création de l'observatoire IceCube, gigantesque cube de glace qui permet depuis 2011 aux scientifiques d'étudier ces particules dites "fantômes" et mieux comprendre ainsi les origines de l'univers.
"C'est une grande surprise, je ne m'y attendais certainement pas", a réagi le lauréat, joint par téléphone par la Fondation Nobel.
Les neutrinos sont des particules de masse négligeable qui se déplacent à la vitesse de la lumière et qui seraient apparues au moment du Big Bang.
Grâce à IceCube, situé au pôle Sud, et ses plus de 5.000 capteurs, les chercheurs peuvent détecter des neutrinos issus de processus extrêmement énergétiques se produisant dans l'univers lointain.
Galaxies lointaines
"C'est cela qui est récompensé ici : à la fois l'idée et le projet visant à la concrétiser", a résumé pour l'AFP Göran Johansson, membre du comité Nobel qui attribue le prix de physique.
Les interactions de ces particules, étudiées par cet observatoire, apporteront aux chercheurs de "nouvelles connaissances" et pourraient même révéler des phénomènes cosmiques jusqu'alors inconnus, selon le jury.
Comme la découverte de galaxies lointaines ou de supernovas, c'est-à-dire d'étoiles massives en fin de vie, précise le lauréat.
Dès les années 1980, Francis Halzen avait compris que la glace de l'Antarctique pouvait être idéale pour capturer suffisamment de ces particules insaisissables. Il rassemble alors une équipe convaincue par son idée, et en 1992, les premières tentatives pour faire descendre des capteurs dans la glace du pôle sud sont effectuées.
L'IceCube est finalement complété au début des années 2010, les travaux ne pouvant être réalisés que pendant l'été austral, entre novembre et février.
"Quand nous avons lancé ce projet, tout le monde se disait que c'était peut-être une bonne idée, mais très peu de gens pensaient que ça marcherait, moi compris", a concédé le physicien.
Il espère maintenant que les effets de ce prix Nobel, dont l'annonce lui a été faite alors qu'il se trouvait en Italie, se feront aussi ressentir pour "les personnes vraiment courageuses qui m'ont accompagné dès le début de ce projet".
"Nous célébrons tous cet événement comme s'il s'agissait de notre prix Nobel", a abondé la porte-parole d'IceCube, Erin O'Sullivan.
"Il a véritablement été l'instigateur de ce projet et l'a mené à bien depuis ses tout débuts (...) Je pense qu'il mérite pleinement d'être l'unique lauréat de ce prix", a assuré l'astrophysicienne à l'AFP.
Extraterrestre ?
Le Premier ministre belge Bart De Wever a salué "une reconnaissance impressionnante pour une vie dédiée à élucider les plus grands secrets du cosmos à travers ses expressions les plus minuscules".
Des expressions peut-être aussi venues d'éventuelles civilisations lointaines ?
Interrogé sur la possibilité que ces neutrinos puissent véhiculer des messages venus de loin, Francis Halzen a admis que "certains ont émis l'hypothèse qu'il s'agirait d'un moyen idéal pour communiquer avec des extraterrestres".
"Mais je n'irai pas jusque-là. Je pense que nous avons déjà suffisamment de problèmes bien réels à régler aujourd'hui", a-t-il affirmé.
Né à Tirlemont en Belgique, Francis Halzen est professeur à l'université de Wisconsin-Madison aux Etats-Unis, et possède également la nationalité américaine.
La distinction décernée mardi est la deuxième de la saison après le prix de médecine, qui a récompensé lundi des chercheurs allemands et américain pour leurs travaux visant à percer les mystères du cerveau.
La saison continue mercredi avec le prix de chimie, qui sera suivi de la littérature jeudi et du très attendu Nobel de la paix vendredi.
Le prix d'économie clôturera la saison le 12 octobre.
En plus d'être l'une des récompenses les plus prestigieuses de la planète, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d'un million d'euros.

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