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La Turquie fustige les "allégations" d'Israël après l'attaque d'une base syrienne
information fournie par Reuters 19/08/2026 à 11:59
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La Turquie a fermement rejeté mercredi les "allégations indéfendables" d'Israël concernant sa présence militaire en Syrie, alors que l'Etat hébreu a bombardé mardi une base syrienne près de la frontière turque et déclaré que Damas était sur le point d'autoriser le déploiement de troupes turques.

Israël a frappé mardi la base aérienne militaire d'Abou Douhour, dans le nord-ouest de la Syrie, suscitant la condamnation de la Turquie et les critiques de l'émissaire américain Tom Barrack, qui a qualifié cette attaque d’"escalade inutile".

Dans un communiqué publié mardi soir, le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la Syrie était sur le point de violer un "statu quo convenu avec Israël en matière de sécurité", en autorisant le déploiement de troupes turques sur la base d'Abou Douhour.

Estimant qu'un tel déploiement menacerait la sécurité d’Israël, Benjamin Netanyahu a averti que son pays ne le tolérerait pas.

La présidence turque a réagi mercredi en déclarant que les "allégations" du Premier ministre israélien découlaient de son intention de mener des "politiques expansionnistes et déstabilisantes" à l’approche des élections législatives d'octobre en Israël.

Une paix régionale durable ne peut être atteinte que si Israël respecte le droit international et renonce à ses "politiques agressives et coercitives", a ajouté Ankara.

"La Turquie continuera résolument à coopérer avec le gouvernement syrien sur une base légitime en vue de l'instauration de la paix, de la stabilité et de la prospérité en Syrie, et ne permettra jamais la déstabilisation de la Syrie", a déclaré la présidence sur X, sans faire référence à d’éventuels projets de déploiement de troupes.

Les frappes de mardi font suite à une aggravation des tensions sécuritaires entre Israël et la Turquie et à des échanges de propos de plus en plus vifs entre les deux pays au sujet de la Syrie, où les forces armées des deux nations jouent un rôle actif.

La Turquie, qui dispose de la deuxième plus grande armée de l'Otan, s’est imposée comme l’un des principaux alliés du président syrien Ahmed al Charaa, au pouvoir depuis la chute de Bachar al Assad en décembre 2024.

Ankara, qui accuse Israël de tenter de déstabiliser la Syrie et de saper sa nouvelle administration, appelle à exercer une pression internationale sur l'Etat hébreu pour l'obliger à respecter l’intégrité territoriale de son voisin.

La Turquie forme l’armée syrienne, l’aide à reconstruire ses institutions étatiques et ses infrastructures, et lui apporte un soutien militaire et diplomatique.

L’année dernière, la Turquie et Israël — également en profond désaccord sur la guerre à Gaza — ont établi une ligne de communication afin d’éviter tout incident en Syrie.

(Tuvan Gumrukcu, version française Etienne Breban, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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