La Turquie a déployé lundi six avions de chasse F-16 et des systèmes de défense aérienne dans le nord de Chypre afin de renforcer la sécurité de la communauté turque sur place dans le contexte de la guerre en Iran, a déclaré le ministère de la Défense, ajoutant qu'Ankara prendrait des mesures supplémentaires si nécessaire.
Les puissances européennes ont décidé ces derniers jours de renforcer leur présence militaire sur cette île divisée ethniquement, après qu'un drone iranien, qui selon les responsables de la sécurité aurait été lancé par le Hezbollah, un allié de l'Iran au Liban, a frappé la base aérienne britannique d'Akrotiri à Chypre la semaine dernière.
"Dans le contexte des derniers développements dans notre région, six avions de combat F-16 et des systèmes de défense aérienne ont été déployés dans la République turque de Chypre du Nord à compter d'aujourd'hui", a déclaré le ministère turc de la Défense dans un communiqué, ajoutant que la décision s'inscrivait dans le cadre d'un plan par étapes visant à renforcer la sécurité de l'État séparatiste.
"À la suite des évaluations qui seront effectuées en fonction de l'évolution de la situation, des mesures supplémentaires continueront d'être prises si nécessaire", a-t-il ajouté.
La Turquie ne reconnaît pas l'administration chypriote grecque du sud de l'île, reconnue internationalement et membre de l'Union européenne (UE), et est le seul pays à reconnaître République turque autoproclamée de Chypre du Nord.
La semaine dernière, les défenses de l'Otan ont abattu un missile balistique tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc, ce qui constitue une escalade significative de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui s'est étendue à l'ensemble de la région.
Ankara, membre de l'Otan, a mis en garde samedi l'Iran contre tout nouveau tir de missiles en direction de son territoire.
La Turquie a critiqué les déploiements européens à Chypre, estimant qu'ils risquaient d'entraîner l'île dans le conflit.
Dimanche, l'Élysée a indiqué que le président français Emmanuel Macron doit se rendre lundi à Chypre, qui détient actuellement la présidence tournante de l'UE.
"Il s'agira de renforcer avec nos partenaires européens la sécurité autour de Chypre et en Méditerranée orientale, en vue de contribuer à la désescalade dans la région", a annoncé dimanche l'Élysée, ajoutant que le président de la République rencontrerait sur l'île Nikos Christodoulides, président de Chypre et Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec.
"Cette visite permettra également au chef de l'État de souligner l'importance de garantir la liberté de navigation et la sécurité maritime de la mer rouge au détroit d'Ormuz, notamment grâce à l'opération maritime Aspides de l'Union européenne", a ajouté l'Élysée.
(Rédigé par Tuvan Gumrukcu ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer