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La Mongolie en panne d'essence à cause des frappes ukrainiennes en Russie
information fournie par AFP 08/09/2026 à 09:51
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Des automobilistes font la queue devant une station-service à Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Des automobilistes font la queue devant une station-service à Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Après cinq heures d'attente à une station-service en pleine steppe, Nasanjargal, un retraité, n'est toujours pas arrivé à la pompe. La faute à une pénurie de carburant russe, qui expose la vulnérabilité de la Mongolie.

Derrière sa berline Toyota à l'arrêt, des dizaines de voitures patientent.

"Il n'y a plus de carburant. Il y a partout des files d'attente énormes", explique-t-il à l'AFP, dans cette station située à une heure et demie de la capitale, Oulan-Bator.

Depuis plusieurs mois, la Mongolie subit une pénurie inédite de carburant. Les frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes ont perturbé les approvisionnements, vidé les stocks et relancé les interrogations sur la sécurité des approvisionnements énergétiques du pays.

Plus de 95% de l'essence consommée en Mongolie provient de Russie.

La pénurie perturbe les circuits logistiques, gonfle les prix et contrarie les projets de nombreux Mongols, qui mettent généralement à profit la courte saison estivale pour effectuer des virées en voiture à la découverte des grandioses paysages du pays.

Ancien policier, Nasanjargal dit n'avoir "plus d'options".

Nasanjargal, un ancien policier, s'entretient avec l'AFP alors qu'il attend de faire le plein de sa voiture dans une station-service de Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Nasanjargal, un ancien policier, s'entretient avec l'AFP alors qu'il attend de faire le plein de sa voiture dans une station-service de Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

"Je suis venu par ici en espérant que la situation serait meilleure en zone rurale", soupire-t-il, tandis que sa petite-fille s'agite sur la banquette arrière.

"Mais c'est pareil partout."

Les autorités sont sous pression.

Le gouvernement a instauré des quotas individuels quotidiens, interdit la constitution de stocks et lancé un système alterné de plaques d'immatriculation pour réduire le nombre de véhicules venant faire le plein.

"Pénibles"

Ces mesures exaspèrent nombre de Mongols.

"Ces files sont très contraignantes et sont extrêmement pénibles", affirme Nasanjargal.

Vue aérienne d'automobilistes faisant la queue à une station-service de Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Vue aérienne d'automobilistes faisant la queue à une station-service de Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Au-delà d'Oulan-Bator, déjà engorgée par son trafic quotidien, la pénurie complique la vie dans les zones rurales, très dépendantes du tourisme.

Munkhchuluun Samdannyam, gouverneur de la province centrale de Dundgovi, assure à l'AFP que sa "priorité absolue" est de répondre aux besoins des touristes et des éleveurs.

"Les éleveurs ne puisent pas l'eau à la main. Ils utilisent surtout des moteurs et des pompes. Et pour faire fonctionner ces moteurs, il faut de l'essence", soulignait-il le mois dernier en marge d'un sommet international sur la désertification organisé en Mongolie.

"Pour les autres, on gère et on coordonne la situation du mieux possible".

Avec son territoire immense et faiblement peuplé (3,6 millions d'habitants), la Mongolie dispose de moyens limités pour bâtir les infrastructures nécessaires, note Telmen Altanshagai, analyste indépendante spécialiste de la sécurité énergétique.

Des automobilistes attendent de faire le plein dans une station-service à Bagakhangai, le 25 août 2026 en Mongolie ( AFP / Hector RETAMAL )

Des automobilistes attendent de faire le plein dans une station-service à Bagakhangai, le 25 août 2026 en Mongolie ( AFP / Hector RETAMAL )

"Le pays a entamé des discussions avec le Kazakhstan sur le commerce de produits pétroliers. Plus récemment, la crise a contraint le gouvernement à importer du carburant de Corée du Sud et de Chine", détaille-t-elle.

Cette diversification est bienvenue mais "ne règle pas la question fondamentale de la dépendance énergétique" vis-à-vis des fournisseurs étrangers, dit-elle.

Diesel en hausse

Lueur d'espoir: les travaux de la première raffinerie de Mongolie sont en cours, avec une mise en service espérée en 2028.

Un employé dans une station-service à Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Un employé dans une station-service à Bagakhangai, en Mongolie, le 25 août 2026 ( AFP / Hector RETAMAL )

Le Premier ministre Nyam-Osor Uchral, en poste depuis mars, a engagé sa crédibilité sur la gestion de la crise, déclarant en août qu'il était "pleinement responsable de la supervision du secteur pétrolier".

Pour Telmen Altanshagai, toute solution durable passe par l'électrification des transports.

Mais à Oulan-Bator, les infrastructures de recharge pour véhicules électriques restent limitées, et encore davantage dans les vastes étendues faiblement peuplées du pays.

La logistique repose encore massivement sur des camions diesel. Les transporteurs ont dû faire face à des perturbations accrues cet été. Sans compter les coûts qui s'envolent.

"Quand je suis arrivé en ville hier, c'était pratiquement impossible de trouver de l'essence", raconte Enkhbayar Myanganbayar, routier de 25 ans.

"Pour le diesel, les prix ont bondi en 15 jours. Avant, c'était 4.000 à 4.200 tugriks le litre (0,95 à 1 euro). Maintenant, c'est plus de 4.600, voire 4.700", se lamente-t-il.

Le prix d'un carburant à la pompe dans une station-service de Bagakhangai, le 25 août 2026 en Mongolie ( AFP / Hector RETAMAL )

Le prix d'un carburant à la pompe dans une station-service de Bagakhangai, le 25 août 2026 en Mongolie ( AFP / Hector RETAMAL )

Certains automobilistes se mobilisent: une plateforme en ligne collaborative a vu le jour, permettant aux utilisateurs de signaler en temps réel les disponibilités, les prix et les temps d'attente.

Mais nombre de pompes sont aujourd'hui fermées.

Lorsque l'AFP est retournée à la station-service où Nasanjargal, le retraité, attendait deux jours plus tôt, elle n'était plus ouverte qu'aux véhicules d'urgence.

2 commentaires

  • 08 septembre 10:27

    M488902 Et pendant ce temps nos trolls essaient de faire que l'Ukraine est en train de gagner la guerre pendant que les ukrainiens se font massacrer et que l'économie de l'UE sombre pendant que les US se gavent sur notre dos.


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