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La droite suédoise acceptera de gouverner avec les Démocrates de Suède
information fournie par Reuters 01/04/2026 à 13:15

(Actualisé avec déclarations des Démocrates de Suède, précisions, contexte)

par Johan Ahlander et Anna Ringstrom

Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a annoncé mercredi que son parti conservateur, les Modérés, entendait inclure les Démocrates de Suède, parti anti-immigration et longtemps considéré comme un paria au sein de la classe politique suédoise, au sein d'un gouvernement majoritaire en cas de victoire aux élections législatives prévues le 13 septembre.

Cette ouverture, attendue au vu du soutien déjà apporté par les Démocrates de Suède au gouvernement de droite minoritaire actuel, clarifie l'un des principaux enjeux de la campagne électorale qui s'ouvre.

"Après les élections, nous formerons un gouvernement majoritaire à quatre partis", a déclaré Ulf Kristersson lors d'une conférence de presse. "Je formerai et, en tant que Premier ministre, dirigerait ce gouvernement."

Le gouvernement actuel repose sur un coalition minoritaire regroupant trois partis : les Modérés, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux.

Ulf Kristersson a précisé que les Démocrates de Suède obtiendraient des postes importants au sein de cet éventuel futur gouvernement majoritaire et pourraient peser sur ses orientations politiques, notamment l'immigration, qu'il a présentée comme un domaine naturel d'influence pour cet allié.

Lors des élections législatives de 2022 qui ont chassé la gauche du pouvoir, les Démocrates de Suède sont arrivés en deuxième position derrière les sociaux-démocrates, avec 20,54% des voix, et ont apporté leur soutien sans participation à la coalition minoritaire alors mise en place.

Ce parti, qui comptait parmi ses fondateurs en 1988 des personnalités liées aux milieux néo-nazis et suprémacistes blancs, a su progressivement se faire accepter par les formations de droite qui ne semblent plus en mesure de diriger le pays sans son soutien.

Il a fait son entrée en 2010 au Parlement monocaméral suédois, le Riksdag, composé de 349 élus, et a présenté ses excuses l'an dernier pour ses antécédents racistes et antisémites.

"L'annonce que nous effectuons aujourd'hui promet la stabilité, c'est-à-dire que nous formerons un gouvernement majoritaire si nous remportons 175 sièges au Parlement", a dit leur chef de file, Jimmie Akesson, lors de la même conférence de presse aux côtés d'Ulf Kristersson.

L'un des obstacles à l'intégration des Démocrates de Suède au sein d'un gouvernement dirigé par la droite a été levé le mois dernier lorsque les Libéraux ont renoncé à leur position de principe consistant à refuser tout soutien à un cabinet incluant la formation de Jimmie Akesson.

L'opposition de centre-gauche est en tête dans les intentions de vote en cumulant les scores prédits à ses différentes composantes et la droite semble devoir s'unir pour avoir une chance de conserver le pouvoir.

Les sociaux-démocrates peinent eux-mêmes de leur côté à agréger différentes petites formations au sein d'une coalition susceptible de l'emporter en septembre.

(Rédigé par Niklas Pollard; version française Etienne Breban et Bertrand Boucey, édité par Benoit Van Overstraeten)

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