* L'OMC prévoit un ralentissement du commerce mondial pour s'établir à 1,9%
* La guerre au Moyen-Orient pourrait freiner la croissance des échanges de biens et de services
* L'IA et l'anticipation des droits de douane ont stimulé la forte hausse des échanges commerciaux en 2025
* La croissance du PIB mondial devrait légèrement ralentir pour s'établir à 2,8%
par Olivia Le Poidevin
La croissance du commerce mondial de marchandises devrait ralentir sensiblement pour s'établir à 1,9% en 2026 - contre 4,6% l'année dernière - et pourrait s'affaiblir davantage si la guerre au Moyen-Orient continue de faire grimper les prix de l'énergie et de perturber le transport mondial, selon un rapport publié jeudi par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Tandis que le commerce mondial reste résilient, soutenu par le commerce de produits liés à l'intelligence artificielle (IA), les prévisions de croissance sont sous pression en raison de l'escalade de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, a déclaré la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala.
Un blocus prolongé du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui étoufferait un tiers des importations d'urée utilisée comme engrais, risque de frapper de grands producteurs comme l'Inde, la Thaïlande et le Brésil, alimentant ainsi les risques liés à la sécurité alimentaire, indique le rapport de l'OMC.
Si les prix du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) restent élevés tout au long de l'année 2026 en raison du conflit au Moyen-Orient - le détroit d'Ormuz étant également un axe essentiel pour les hydrocarbures - le commerce mondial de marchandises pourrait encore ralentir pour s'établir à 1,4%, ont déclaré les économistes de l'OMC.
Le maintien de prix élevés de l'énergie pourrait réduire de 0,5 point de pourcentage la croissance mondiale des échanges de marchandises, les importateurs asiatiques et européens dépendants des combustibles étant les plus durement touchés.
Le commerce des services devrait également enregistrer une baisse de 0,7 point, passant d'une prévision de croissance de 4,8% à 4,1%, en raison des perturbations du transport maritime et aérien, selon le rapport, après avoir progressé de 5,3% l'année dernière.
En 2025, le commerce mondial de marchandises a progressé à un rythme près de deux fois supérieur aux prévisions, soutenu par une forte augmentation des échanges liés à l'IA et l'anticipation des livraisons de marchandises pour éviter les droits de douane américains ont permis une croissance supérieure aux prévisions.
L'IA, UN "GRAND POINT D'INTERROGATION"
En 2025, le commerce des biens liés à l'IA a représenté 42% de la croissance du commerce mondial, bien qu'il ne représente qu'un sixième du commerce mondial. Il a augmenté de 21,9% en glissement annuel pour atteindre 4.180 milliards de dollars (3.630 milliards d'euros) l'année dernière, selon le rapport.
Toutefois, la vigueur continue des investissements dans ce secteur constitue "un grand point d'interrogation pour 2026 et au-delà", indique le rapport.
Cette année, le commerce des biens et des services et le PIB mondial devraient croître à peu près au même rythme – 2,7% pour le commerce et 2,8% pour le PIB – après une croissance respective de 4,7% et 2,9% l'année dernière.
Le rapport de l'OMC estime que l'Asie sera en tête de la croissance des importations de marchandises en 2026, avec des importations en hausse de 3,3% et des exportations de 3,5%, suivie par l'Afrique avec 3,2% pour les importations et 1,2% pour les exportations, selon les prévisions de l'OMC. L'Amérique du Nord restera stable avec 0,3% pour les importations.
Environ 72% du commerce mondial s'effectue selon le principe de la nation la plus favorisée (NPF), une chute de quelque huit points par rapport au taux de 80% au début de l'année dernière, après que Donald Trump a imposé des droits de douane plus élevés, estiment les économistes de l'OMC.
Le principe NPF exige des membres de l'OMC qu'ils traitent les autres de manière égale.
Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré que ce chiffre servait de leçon à l'approche de la conférence de l'OMC au Cameroun la semaine prochaine, où les ministres du Commerce se réuniront pour discuter des réformes de l'organisation, soulignant que le système fondé sur des règles "est peut-être malmené, mais il est loin d'être brisé".
(Rédigé par Olivia Le Poidevin ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)

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