(Actualisé avec réaction de Taïwan §5-6)
Pékin apportera un soutien ferme aux "forces patriotiques pro-réunification" à Taïwan et frappera durement les "séparatistes", a déclaré mardi le plus haut responsable chinois chargé de la politique à l'égard de l'île.
La Chine, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire malgré les objections du gouvernement de Taipei, a intensifié ces derniers mois ses pressions militaires et politiques contre l'île démocratiquement gouvernée.
S'exprimant lors de la "Conférence annuelle sur le travail à Taïwan", Wang Huning, quatrième dirigeant dans la hiérarchie du Parti communiste, a déclaré que les responsables chinois devaient faire progresser la "grande cause de la réunification nationale", selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle.
Wang Huning a ajouté qu'il était nécessaire de "soutenir fermement les forces patriotiques favorables à la réunification sur l'île, de frapper résolument les forces séparatistes indépendantistes taïwanaises, de s'opposer à l'ingérence des forces extérieures et de préserver la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan".
Le gouvernement taïwanais, selon lequel seul le peuple de l'île peut décider de son avenir, a réagi à ces propos en jugeant que le dirigeant chinois tenait le discours habituel de Pékin en matière de rejet du séparatisme et de prise de contrôle éventuelle de l'île.
"L'objectif ultime (...) est d'éliminer la République de Chine et de faire avancer le projet d'unification", a déclaré dans un communiqué le Conseil des affaires continentales, l'organisme chargé de la politique vis-à-vis de la Chine, en référence au nom officiel de Taïwan.
Bien que les déclarations de Wang Huning rapportées par Chine nouvelle ne mentionnent pas un éventuel recours à la force, Pékin n'a jamais exclu d'utiliser des moyens militaires pour placer Taïwan sous son contrôle et le ministère chinois de la Défense a tenu des propos plus menaçants.
"Si les forces armées indépendantistes taïwanaises osent provoquer un conflit, elles seront inévitablement anéanties", a déclaré mardi à Pékin le porte-parole du ministère, Jiang Bin.
"PERSÉCUTION POLITIQUE"
La Chine propose de longue date de mettre en place à Taïwan un modèle d'autonomie de type "un pays, deux systèmes" semblable à celui théoriquement appliqué à Hong Kong, mais aucun grand parti politique taïwanais ne soutient cette idée.
Le gouvernement de Taipei fait valoir que la domination de Pékin sur l'ancienne colonie britannique ne s'est traduite que par de la répression, le président taïwanais Lai Ching-te citant mardi la condamnation à 20 ans de prison du magnat de la presse et activiste pro-démocratie hongkongais Jimmy Lai, survenue la veille.
"La condamnation de Jimmy Lai révèle la véritable nature de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong : un outil de persécution politique dans le cadre du principe chinois 'un pays, deux systèmes' qui bafoue les droits de l'homme et la liberté de la presse", a écrit Lai Ching-te sur X.
La Chine a mis en garde à plusieurs reprises d'autres pays, dont les États-Unis, contre toute ingérence dans la question taïwanaise, qu'elle qualifie d'affaire interne.
Le président chinois Xi Jinping a déclaré la semaine dernière lors d'un entretien téléphonique avec son homologue américain Donald Trump que Taïwan constituait le sujet le plus important dans les relations sino-américaines et que Washington devait traiter avec prudence la question des ventes d'armes à l'île.
Pékin refuse de parler au président taïwanais et rejette ses propositions de négociations, déclarant qu'il s'agit d'un "séparatiste" et qu'il doit accepter que l'île fasse partie de la Chine.
Wang Huning s'exprimait mardi une semaine seulement après avoir rencontré à Pékin une délégation du Kuomintang (KMT), le premier parti d'opposition taïwanais.
S'adressant aux journalistes mardi à Taipei, le vice-président du KMT, Hsiao Hsu-tsen, a assuré qu'aucune question politique n'avait été abordée lors de sa rencontre avec Wang Huning à Pékin et que celle-ci avait pour but de discuter de sujets tels que le tourisme et l'intelligence artificielle.
(Rédaction de Pékin, avec Ben Blanchard à Taipei, version française Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)

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