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La Chine enregistre en 2025 sa plus faible croissance en 30 ans, selon les analystes
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/01/2026 à 11:46

Le chiffre officiel, attendu lundi, devrait être suffisamment proche de l'objectif "pour que les responsables politiques puissent revendiquer une victoire", selon Moody's.

( AFP / ADEK BERRY )

( AFP / ADEK BERRY )

Un groupe d'analystes interrogés par l'AFP a estimé vendredi 16 janvier que la Chine va annoncer lundi sa plus faible croissance économique depuis trois décennies, hors pandémie. En 2025, la deuxième économie mondiale a été confrontée à plusieurs difficultés : un marché immobilier toujours en crise, une consommation des ménages restée modeste et des exportations vers les États-Unis freinées par les droits de douane de Donald Trump.

Le président Xi Jinping a déclaré le mois dernier que la croissance avait probablement atteint l'objectif annuel pour 2025, qui avait été fixé à "environ 5%".

Elle devrait avoir augmenté de 4,9%, selon la médiane d'un groupe d'économistes interrogés par l' AFP . Cela constituerait la plus faible performance depuis 1990, lorsque la Chine était frappée par des sanctions occidentales après la répression des manifestations de la place Tiananmen.

Le chiffre annoncé lundi sera "suffisamment proche" de l'objectif "pour que les responsables politiques puissent revendiquer une victoire", estime Sarah Tan, de Moody's Analytics. Mais les statistiques officielles "dissimulent le pessimisme qui règne sur le terrain", souligne-t-elle.

Les analystes s'accordent sur le principal problème : l'immobilier , empêtré dans une crise de la dette persistante, malgré des baisses de taux et un allègement des conditions d'achat. Si les prix ont légèrement repris dans quelques grandes villes, le reste du marché reste morose. "Aucun signe ne laisse entrevoir un rebond à court terme", soulignent des analystes de Goldman Sachs.

L'investissement en repli

L'investissement dans l'immobilier et les infrastructures aurait également subi un coup d'arrêt l'an dernier. Les chiffres officiels montrent que l'investissement en actifs fixes a ralenti à 2,6% entre janvier et novembre, son repli le plus marqué depuis 2020.

Par ailleurs, les contraintes pesant sur les finances des collectivités locales ont accentué l'an dernier le ralentissement des investissements dans le secteur manufacturier et les infrastructures, selon Goldman Sachs.

Les faibles dépenses des ménages sont également source d'inquiétude. Les ventes au détail, indicateur clé de la consommation, ont affiché en novembre leur plus faible croissance depuis près de trois ans.

Pressée par les économistes, la Chine tente d'opérer une transition vers un modèle de croissance tiré davantage par la demande intérieure, plutôt que par les exportations. Mais les consommateurs chinois continuent d'être prudents face à la situation économique et à un marché de l'emploi compliqué, malgré plusieurs politiques gouvernementales de relance de la consommation -notamment des subventions à l'achat de produits électroniques et d'électroménager.

"Cette inquiétude façonne les comportements en matière de consommation", souligne Sarah Tan, de Moody's Analytics. Elle note que si le tourisme intérieur est revenu l'an dernier aux niveaux pré-pandémie, les dépenses moyennes par voyageur ont diminué.

Les exportations, restées robustes, ont constitué un point positif dans un tableau économique morose. Et cela, malgré la guerre commerciale lancée par Donald Trump , qui a imposé courant 2025 de lourds droits de douane sur les produits chinois. Conséquence : les exportations chinoises vers les États-Unis ont chuté de 20% l'an passé.

Peu d'impact de la guerre commerciale

Mais cela n'a pas affecté significativement la demande en produits chinois sur d'autres marchés. L'excédent commercial chinois a ainsi atteint un record de 1.200 milliards de dollars en 2025. La guerre commerciale "n'a pas eu d'impact majeur sur la Chine, donc Pékin s'est abstenu de lancer un grand plan de relance", estiment Larry Hu et Yuxiao Zhang, analystes de Macquarie Group.

Reste à savoir si les exportations continueront de porter l'économie chinoise en 2026. Des économistes anticipent de nouvelles mesures de relance de Pékin -peut-être en mars lors de la session parlementaire annuelle- afin de résoudre les problèmes structurels.

"Nous prévoyons un rebond cette année grâce au soutien budgétaire et à de nouveaux outils de financement", prédit Erin Xin, de HSBC.

Pour Tianchen Xu, analyste au sein du cabinet Economist Intelligence Unit (EIU), la politique budgétaire devra toutefois être "expansionniste au regard des standards historiques" chinois si le pays veut tenir ses objectifs.

Les analystes de Macquarie restent mesurés: l'ampleur d'un éventuel plan de relance "dépendra avant tout de l'importance du ralentissement que pourraient connaître les exportations", soulignent-il.

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