( AFP / NIKLAS HALLE'N )
La Banque d'Angleterre (BoE) devrait relever jeudi son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans afin de combattre l'inflation, emboîtant le pas aux autres grandes banques centrales, qui ont déjà resserré leur politique monétaire depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Selon les analystes, la BoE devrait porter son taux à 4 %, contre 3,75 % actuellement, suivant un mouvement déjà engagé par la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon.
Depuis les attaques américaines contre l'Iran fin février, l'envolée des cours des hydrocarbures a alimenté l'inflation et fait grimper les taux d'emprunt à travers le monde.
La dernière hausse du taux directeur britannique remonte à août 2023. Un relèvement mettrait fin au statu quo observé depuis décembre dernier, lorsque la BoE avait ramené son taux à 3,75 % au terme d'une série de baisses.
L'inflation au Royaume-Uni, qui a accéléré en septembre à 3,5 % sur un an, pourrait frôler les 4 % au début de l'année prochaine, soit près du double de la cible de la BoE, d'après l'Office for Budget Responsibility (OBR), l'organisme chargé des prévisions économiques britanniques.
La résistance de l'économie britannique conforte les attentes d'un relèvement des taux : le produit intérieur brut a progressé de 0,1 % en août, déjouant les prévisions, tandis que le chômage, bien qu'encore élevé, a enregistré un léger recul inattendu.
Coût du crédit
En renchérissant davantage le coût du crédit, la Banque d'Angleterre risque toutefois de freiner la croissance, préviennent les analystes. Le premier budget du gouvernement du Premier ministre Andy Burnham, présenté le 28 octobre, n'a offert qu'un soutien limité aux ménages et aux entreprises.
À ce stade, les marchés parient sur "trois relèvements supplémentaires en 2027", en plus de celui escompté jeudi, rapporte Matthew Ryan, d'Ebury.
Plusieurs facteurs pourraient toutefois inciter la BoE à la prudence : les pressions inflationnistes ne se sont pas encore pleinement diffusées à l'ensemble de l'économie et le marché du travail reste fragile, souligne l'analyste.
Les rendements élevés de la dette publique contribuent par ailleurs déjà à freiner l'activité et l'inflation, en renchérissant le crédit pour les ménages et les entreprises, ajoute-t-il.
La BoE doit par ailleurs actualiser jeudi ses prévisions économiques à l'occasion de la publication de son rapport de politique monétaire.
Selon les analystes, ces prévisions pourraient suivre la même trajectoire que celles de l'OBR et du FMI : les deux institutions ont récemment revu à la hausse leurs estimations de croissance britannique pour cette année, mais abaissé celles pour 2027.
"Nous nous attendons à ce que la Banque relève ses prévisions de croissance et d'inflation à court terme", confirme George Buckley, analyste chez Nomura. "Mais la hausse des prix de l'énergie pourrait finalement peser sur ses prévisions de croissance à un horizon plus éloigné."
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