(Actualisé avec déclarations de Netanyahu et informations de CBS News)
L'Iran cherche à conclure un accord nucléaire avec les États-Unis apportant des bénéfices économiques aux deux parties, a déclaré dimanche un diplomate iranien, quelques jours avant un second cycle de discussions entre Téhéran et Washington.
L'Iran et les États-Unis ont relancé leurs négociations plus tôt ce mois-ci pour tenter de régler leur différend vieux de plusieurs décennies sur le programme nucléaire iranien et éviter une nouvelle confrontation militaire.
Les États-Unis ont envoyé un deuxième porte-avions dans la région et se préparent à la possibilité d'une campagne militaire prolongée si les pourparlers échouent, ont indiqué des responsables américains à Reuters.
"Pour assurer la pérennité d'un accord, il est essentiel que les États-Unis bénéficient également dans des domaines à rendement économique élevé et rapide", a déclaré Hamid Ghanbari, directeur adjoint de la diplomatie économique au ministère iranien des Affaires étrangères, selon l'agence semi-officielle Fars.
L'Iran a menacé de riposter à toute attaque américaine, mais le responsable a adopté dimanche un ton conciliant.
"Les intérêts communs dans les secteurs pétrolier et gazier, les champs conjoints, les investissements miniers, et même les achats d'avions sont inclus dans les négociations", a indiqué Hamid Ghanbari, estimant que l'accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances n'avait pas garanti les intérêts économiques américains.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré lors d'une conférence de presse à Bratislava que le président Donald Trump avait clairement indiqué privilégier la diplomatie et un règlement négocié.
"Personne n'a jamais réussi à conclure un accord avec l'Iran, mais nous allons essayer", a affirmé Marco Rubio.
WITKOFF ET KUSHNER SERONT À GENÈVE
En 2018, Donald Trump avait retiré les États-Unis de l'accord de 2015, qui avait allégé les sanctions contre l'Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire, et avait réimposé des sanctions économiques sévères.
Vendredi, une source avait indiqué à Reuters qu'une délégation américaine comprenant les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner rencontrerait des responsables iraniens mardi à Genève, une réunion confirmée dimanche à Reuters par un haut responsable iranien.
"Steve Witkoff et Jared Kushner vont se déplacer, je pense qu'ils voyagent en ce moment même, pour tenir des réunions importantes, et nous verrons ce qu'il en ressortira", a déclaré Marco Rubio, sans donner davantage de précisions.
Contrairement aux discussions multilatérales qui avaient mené à l'accord de 2015, les négociations actuelles se déroulent uniquement entre l'Iran et les États-Unis, avec Oman comme médiateur.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a quitté Téhéran pour Genève afin de participer aux pourparlers nucléaires indirects avec les États-Unis et de rencontrer le directeur de l'AIEA, l'agence onusienne de surveillance du nucléaire, ainsi que d'autres responsables, a indiqué son ministère.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Majid Takht-Ravanchi a signalé la disponibilité de l'Iran à faire des compromis sur son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions, déclarant à la BBC dimanche qu'il revenait aux États-Unis de "prouver qu'ils veulent conclure un accord".
NETANYAHU VEUT UN DÉMANTÈLEMENT D'INFRASTRUCTURES
Le haut responsable a évoqué la déclaration du chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, qui a affirmé lundi que le pays pourrait accepter de diluer son uranium le plus fortement enrichi en échange de la levée des sanctions, comme exemple de la flexibilité de l'Iran.
Il a toutefois réaffirmé que Téhéran n'accepterait pas une absence totale d'enrichissement d'uranium, un point qui avait constitué un obstacle majeur l'an dernier, Washington considérant l'enrichissement sur le sol iranien comme une voie potentielle vers l'arme nucléaire. L'Iran nie vouloir se doter d'une telle arme.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche avoir indiqué à Donald Trump la semaine dernière que tout accord avec Téhéran devait inclure le démantèlement de l'infrastructure nucléaire iranienne et pas seulement l'arrêt du processus d'enrichissement.
Selon des informations diffusées dimanche par CBS News, qui cite deux sources proches du dossier, Donald Trump a déclaré en décembre à Benjamin Netanyahu, lors de leur rencontre en Floride, qu'il soutiendrait des frappes israéliennes contre le programme de missiles balistiques iraniens si Washington et Téhéran ne parvenaient pas à un accord.
(Rishabh Jaiswal à Bangalore et rédaction de Dubaï, avec Humeyra Pamuk à Budapest, Steven Scheer à Jérusalem et Ryan Patrick Jones à Toronto, version française Nicolas Delame et Benjamin Mallet)

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