Aller au contenu principal
Fermer

Trump frustré par l'Iran mais n'a pas pris de décision sur des frappes
information fournie par AFP 28/02/2026 à 00:03

Une Iranienne passe devant un panneau anti-américain représentant des discussions Entre les deux pays, à Téhéran, le 26 février 2026 ( AFP / - )

Une Iranienne passe devant un panneau anti-américain représentant des discussions Entre les deux pays, à Téhéran, le 26 février 2026 ( AFP / - )

Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris une décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise, médiateur des négociations, a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu dans celles-ci, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium.

"Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas.

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lui lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a aussi annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Le porte-avions américain USS Gerald Ford à quai dans la baie de Souda, sur l'île grecque de Crète, en Méditerranée, le 24 février 2026 ( AFP / Costas METAXAKIS )

Le porte-avions américain USS Gerald Ford à quai dans la baie de Souda, sur l'île grecque de Crète, en Méditerranée, le 24 février 2026 ( AFP / Costas METAXAKIS )

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

La Chine a conseillé à ses ressortissants actuellement en Iran d'évacuer "dès que possible".

Londres a annoncé des mesures pour protéger son personnel diplomatique, face au risque d'une aggravation "rapide" de la situation.

Berlin a déconseillé de son côté "de toute urgence" à ses ressortissants de se rendre en Israël. Et la compagnie turque Turkish Airlines a annulé ses vols vendredi soir vers Téhéran au départ d'Istanbul.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

Carte montrant la portée des principaux missiles balistiques de moyenne portée iraniens et la localisation des principales bases américaines et infrastructures abritant du personnel américain au Moyen-Orient. Les portées sont indicatives car elles varient en fonction du poids de la charge ( AFP / Sylvie HUSSON )

Carte montrant la portée des principaux missiles balistiques de moyenne portée iraniens et la localisation des principales bases américaines et infrastructures abritant du personnel américain au Moyen-Orient. Les portées sont indicatives car elles varient en fonction du poids de la charge ( AFP / Sylvie HUSSON )

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".

16 commentaires

  • 28 février 17:00

    Sense78 : vous ne répondez pas à la question... De plus, vous considérez qu'un état ne peut pas devenir voyou...


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Un pont enjambant l'Irrawaddy détruit par le séisme de 2025, à Sagaing, Birmanie, le 19 mars 2026 ( AFP / Sai Aung MAIN )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:40 

    Les trous béants laissés sur les routes par le séisme dévastateur de l'an dernier ont été comblés, mais plusieurs travées d'un pont historique pendent encore dans le fleuve à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, qui garde les stigmates de la catastrophe. Plus ... Lire la suite

  • Des traînées de roquettes dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d'une nouvelle salve d'attaques de missiles iraniens, le 25 mars 2026 ( AFP / JACK GUEZ )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:37 

    Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ... Lire la suite

  • Photo prise le 25 mars 2026 et publiée par l'agence nord-coréenne KCNA le 26 mars, montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (d.) saluant le président bélarusse Alexandre Loukachenko (centre) à la Tour de la Libération, à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:12 

    Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a été reçu mercredi par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour sa première visite officielle en Corée du Nord, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de ... Lire la suite

  • Un bateau transportant des migrants au large des côtes françaises, le 4 mars 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )
    information fournie par AFP 26.03.2026 05:16 

    Le Parlement européen devrait valider jeudi un net durcissement de la politique migratoire de l'UE et approuver le concept de "hubs de retour", des centres pour envoyer des migrants en dehors de l'Union. Ces mesures sont réclamées avec force par les eurodéputés ... Lire la suite

Pages les plus populaires