Un navire au large de Charjah, aux Emirats arabes unis, le 3 août 2026 ( AFP / - )
L'Iran a prévenu mercredi les pays du Golfe contre toute assistance à l'armée américaine, après la décision des Emirats arabes unis de suspendre leurs échanges commerciaux avec Téhéran, sur fond d'intensification des tensions régionales.
"Toute assistance ou facilitation apportée à l'armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines", a averti le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, à l'adresse des pays du Golfe.
"Il paraît improbable qu'un tel nombre d'avions militaires, notamment des avions ravitailleurs, se trouvent sur des bases régionales à l'insu des pays hôtes", a-t-il ajouté.
Plusieurs pays du Golfe accueillent des installations militaires américaines. Des médias ont fait état de frappes de pays de la région contre des cibles iraniennes, pour la plupart démenties, ces pays assurant ne pas autoriser l'utilisation de leur territoire contre l'Iran.
"Aucune conversation"
Malgré une baisse des hostilités depuis les premières frappes israélo-américaines et les représailles iraniennes, les tensions dans la région restent vives après près de six mois de guerre.
Les Emirats arabes unis ont accusé mardi l'Iran d'avoir tiré deux missiles balistiques, tombés en mer, qui visaient "la navigation maritime".
Dans la foulée, la diplomatie émiratie a annoncé suspendre jusqu'à nouvel ordre tous "les échanges commerciaux" et "transactions financières" avec l'Iran.
Téhéran a nié avoir lancé des missiles dans le Golfe, rejetant "catégoriquement" les accusations émiraties.
"Aucune conversation ni discussion n'a lieu en ce moment ni n'est programmée avec la République islamique d'Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif. Le détroit d'Ormuz est ouvert et fonctionnel. Toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées", a quant à lui écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social.
La déclaration s'inscrit à rebours de celle de l'émissaire et gendre du président américain Jared Kushner, qui a fait état lundi de discussions "très positives et animées" avec Téhéran.
Selon une source américaine contactée par l'AFP, ces échanges ont été suspendus et Donald Trump a demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines.
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio s'est par ailleurs entretenu avec le conseiller à la sécurité nationale émirati Tahnoon ben Zayed al-Nahyane au sujet de la coordination entre Washington et Abou Dhabi pour "tenir l'Iran et ses groupes armés alliés responsables des attaques en cours", selon le département d'Etat. M. Rubio a souligné l'importance de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.
Conditions iraniennes
Téhéran n'a guère envoyé de signaux en ce sens. Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par un protocole d'accord signé en juin.
Ce texte prévoyait soixante jours de trêve pour négocier un règlement diplomatique durable, mais il n'a débouché sur rien.
Le négociateur iranien a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" et "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".
Donald Trump évoque désormais l'idée de faire d'Ormuz un "territoire américain" et a par exemple publié une carte qui décrit ainsi le détroit.
Malgré ces affirmations, le trafic dans la zone reste très faible par rapport à ses niveaux d'avant le conflit.
Oman
Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé cette voie de transit majeure des hydrocarbures.
Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.
Le Qatar, l'un des médiateurs entre Téhéran et Washington, a affirmé mardi qu'un accord entre l'Iran et Oman sur le détroit d'Ormuz "faciliterait" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Ces deux pays, riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la future gestion du détroit. Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé envisagé par ceux-ci "ont été approuvées".
L'Iran, qui prend pour cible des navires tentant de traverser le détroit sans demander d'autorisation, veut imposer des frais de navigation pour des services aux vaisseaux y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région.

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