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L'Irak annonce des procédures judiciaires contre les détenus de l'EI transférés de Syrie
information fournie par AFP 22/01/2026 à 12:06

Forces de sécurité syriennes dans le secteur de la prison d'Al-Aqtan en périphérie de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, le 22 janvier 2026 ( AFP / Bakr ALkasem )

Forces de sécurité syriennes dans le secteur de la prison d'Al-Aqtan en périphérie de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, le 22 janvier 2026 ( AFP / Bakr ALkasem )

L'Irak a annoncé jeudi lancer des procédures judiciaires contre des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI) transférés depuis la Syrie, dans le cadre d'une opération de l'armée américaine qui y craint des failles sécuritaires.

Mercredi, Washington avait annoncé avoir transféré 150 membres de l'EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, "vers un lieu sûr en Irak", et affirmé que jusqu'à 7.000 prisonniers pourraient être concernés.

Les autorités irakiennes ont confirmé avoir reçu un premier groupe de 150 prisonniers, "des éléments terroristes irakiens et étrangers".

"La justice irakienne va lancer les procédures judiciaires appropriées contre les accusés qui sont recueillis et placés dans les institutions pénitentiaires idoines", a indiqué le Conseil judiciaire suprême dans un communiqué.

"Tous les suspects, qu'importe leur nationalité ou leur position au sein de l'organisation terroriste, sont soumis exclusivement à l'autorité de la justice irakienne et nos procédures judiciaires leur seront appliquées sans exception", a dit cette instance.

Garde-frontière irakien à al-Baghuz, dans l'ouest de l'Irak, à la frontière avec la Syrie, le 21 janvier 2026 ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )

Garde-frontière irakien à al-Baghuz, dans l'ouest de l'Irak, à la frontière avec la Syrie, le 21 janvier 2026 ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )

La décision américaine de transférer des prisonniers de l'EI est survenue alors que des affrontements entre l'armée syrienne et les forces kurdes, qui contrôlaient jusqu'ici les centres de détention depuis la défaite de l'EI en 2019, font craindre des brèches dans la surveillance.

Mardi, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand des camps de détention de jihadistes, pour défendre leurs régions du nord-est menacées par l'armée.

Celle-ci est entrée mercredi dans le camp.

Un accord imposé par Damas prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques", un revers pour la minorité.

Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.

- Peine de mort -

L'amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, a souligné mercredi auprès du président syrien Ahmad al-Chareh la nécessité que "les forces syriennes et toutes les autres forces évitent toute action qui pourrait interférer" avec l'opération, a rapporté le commandement américain.

Les tribunaux irakiens ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de personnes, dont de nombreux combattants étrangers, certains qui avaient été transférés de Syrie.

En 2019, la justice irakienne avait condamné à mort 11 Français. Elle avait ensuite commué leur peine à de la prison à vie, selon une source judiciaire.

En septembre, les services de renseignement irakiens ont interrogé 47 Français transférés de centres de détention contrôlés par des Kurdes en Syrie à propos de leur participation présumée à des crimes de l'EI commis en Irak.

Forces gouvernementales syriennes déployées aux abords de la prison d'Al-Aqtan, en périphérie de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, le 22 janvier 2026 ( AFP / Bakr ALKASEM )

Forces gouvernementales syriennes déployées aux abords de la prison d'Al-Aqtan, en périphérie de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, le 22 janvier 2026 ( AFP / Bakr ALKASEM )

Par le passé, l'Irak a été épinglé pour des centaines de procès qualifiés d'expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace, selon les défenseurs des droits humains.

Le pays doit encore examiner de nombreux témoignages de sévices commis par l'EI et enquêter sur des charniers.

En 2024, après la fin de la mission d'enquête des Nations unies sur ces crimes, l'Irak a créé un Centre national pour la coopération judiciaire internationale, chargé de documenter les crimes du groupe jihadiste et d'assurer la coordination avec les différents pays concernés.

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