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L'ex-patron du football espagnol devant la justice pour agression sexuelle
information fournie par Reuters 15/09/2023 à 06:44

Le président de la Fédération espagnole de football, Luis Rubiales, lors d'une conférence de presse en Suisse

Le président de la Fédération espagnole de football, Luis Rubiales, lors d'une conférence de presse en Suisse

par Emma Pinedo

MADRID (Reuters) - Le président démissionnaire de la Fédération espagnole de football doit comparaître ce vendredi devant la Haute cour de justice de Madrid dans le cadre d'une plainte déposée contre lui pour agression sexuelle à la suite du baiser qu'il aurait donné de force à la capitaine de la sélection féminine.

L'incident, survenu le 20 août lors de la finale de la Coupe du monde remportée en Australie par l'Espagne au détriment de l'Angleterre, a éclipsé le résultat et déclenché une vague de colère contre le sexisme dans le sport et la société espagnols.

Il a aussi provoqué des remous dans les rangs de l''establishment' du football espagnol, dominé par des hommes, alors que Luis Rubiales a rejeté pendant près de trois semaines les appels à sa démission à la suite du baiser donné à Jenni Hermoso.

Suspendu à titre conservatoire par la Fédération internationale de football (Fifa), Luis Rubiales, 46 ans, a finalement annoncé dimanche dernier qu'il quitterait son poste à la tête de la fédération espagnole, tout en continuant d'affirmer qu'il n'était coupable d'aucune inconduite et que ce baiser était consensuel.

"Dans un moment de joie totale, avec consentement, en demandant avant (...) Il n'y avait aucune autre intention que la célébration et la joie elle-même", a-t-il déclaré dimanche au journaliste britannique Piers Morgan, en marge de la publication d'un communiqué informant de sa démission.

Luis Rubiales a comparé l'atmosphère régnant à Sydney à l'issue de la finale de la Coupe du monde à une victoire à la loterie ou à la fin d'une guerre, des situations d'extase lors desquelles, a-t-il dit, "les gens ne demandent pas la permission".

La ministre espagnole du Travail, Yolanda Diaz, numéro trois du gouvernement, a qualifié de "honteux" les agissements de Luis Rubiales, qui montrent selon elle que le machisme est toujours systémique dans la société espagnole.

ACCUSATION DE COERCITION

Le parquet a déposé plainte le 8 septembre contre Luis Rubiales à la suite d'un témoignage de Jenni Hermoso selon lequel Rubiales l'a embrassée sur la bouche sans son consentement, en tenant sa tête avec ses deux mains, lors de la cérémonie de remise des médailles.

En plus de l'accusation d'agression sexuelle, Luis Rubiales est accusé de coercition après que Jenni Hermoso a déclaré avoir subi, comme son entourage, des pressions de la part du désormais ex-patron du football espagnol et de proches de celui-ci, demandant à la capitaine des championnes du monde de "justifier et d'approuver" ce qui s'est passé.

Il appartient au juge Francisco de Jorge de superviser l'enquête préalable à toute inculpation éventuelle puis de décider de la tenue ou non d'un procès. Si tel était le cas, Luis Rubiales pourrait encourir une peine allant d'un an à quatre ans d'emprisonnement.

L'audience de ce vendredi doit se tenir à huis clos. L'enquête pourrait durer plusieurs mois.

Cette affaire, très médiatisée, pourrait valoir de test pour l'une des mesures phare du gouvernement socialiste, la loi "Solo si es si" ("seulement oui veut dire oui") qui place le consentement au coeur des relations sexuelles.

De nombreux joueurs, institutions sportives et politiciens ont apporté leur soutien à Jenni Hermoso, tandis que le slogan #SeAcabó (C'est terminé) a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux, illustrant l'intolérance grandissante de la société espagnole à l'égard des abus.

Plusieurs dizaines des meilleurs joueuses espagnoles, dont l'ensemble de l'équipe sacrée championne du monde le mois dernier, ont annoncé qu'elles ne porteraient plus le maillot de la sélection nationale tant qu'il n'y aurait pas de changements dans la direction et le fonctionnement de la fédération.

(Reportage Emma Pinedo; version française Jean Terzian)

4 commentaires

  • 15 septembre 09:23

    Qu'il doive démissionner, c'est logique. Qu'il y ait un procès, c'est ridicule.


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