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L'ex-dirigeant philippin Rodrigo Duterte sera jugé devant la CPI
information fournie par AFP 23/04/2026 à 12:53

Manifestation devant la Cour pénale internationale (CPI) avant le prononcé du jugement sur l'appel interjeté par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte, le 22 avril 2026 à La Haye, aux Pays-Bas ( ANP / Sem van der Wal )

Manifestation devant la Cour pénale internationale (CPI) avant le prononcé du jugement sur l'appel interjeté par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte, le 22 avril 2026 à La Haye, aux Pays-Bas ( ANP / Sem van der Wal )

Rodrigo Duterte sera jugé devant la CPI a annoncé jeudi la Cour pénale internationale, qui a confirmé les accusations de crimes contre l'humanité à l'encontre de l'ex-dirigeant philippin, présumément commis pendant sa "guerre contre la drogue".

"Les juges de la phase préliminaire ont confirmé à l'unanimité l'ensemble des chefs d'accusation (...) retenus contre Rodrigo Roa Duterte et l'ont renvoyé en jugement", a indiqué la CPI dans un communiqué.

Les procureurs de la CPI ont inculpé l'ancien homme fort de Manille, âgé de 81 ans, de trois chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité, lui reprochant d'être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à sa "guerre contre la drogue" qui aurait fait plusieurs milliers de victimes.

M. Duterte sera le premier ancien chef d'État asiatique à comparaître devant la CPI, qui juge les individus pour les crimes les plus graves au monde, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

La Cour traverse actuellement la période la plus difficile de ses 24 ans d'existence, les États-Unis ayant imposé des sanctions à des juges et des responsables clés après que la CPI a émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens dans le cadre de la guerre à Gaza.

"La confirmation de ces chefs d'accusation marque une étape importante dans les efforts déployés par le Bureau pour faire en sorte que les responsables rendent des comptes aux victimes d'exécutions extrajudiciaires présumées et d'autres exactions", a réagi le Bureau du procureur dans un communiqué.

La CPI doit désormais constituer un collège de juges, mais il faudra probablement attendre plusieurs mois avant que le procès ne débute.

Nicholas Kaufman, avocat de M. Duterte, a affirmé de son côté que la défense démontrera pendant le procès que la "politique d'État" attribuée à l'ex-président "n'est que pure fiction".

La défense "démontrera également que les témoignages (...) si volontiers colportés par les nombreux détracteurs de l'ancien président, n'ont absolument aucun poids", a-t-il affirmé dans un communiqué envoyé à l'AFP.

L’ancien président philippin Rodrigo Duterte apparaît sur un écran dans la salle d’audience lors de sa première comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, le 14 mars 2025 aux Pays-Bas ( POOL / Peter Dejong )

L’ancien président philippin Rodrigo Duterte apparaît sur un écran dans la salle d’audience lors de sa première comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, le 14 mars 2025 aux Pays-Bas ( POOL / Peter Dejong )

Il est probable que M. Duterte ne comparaisse pas en personne face aux juges, sa défense affirmant qu'il est trop affaibli mentalement.

La seule fois où il a été vu depuis son arrestation, était lors d'une première comparution par visioconférence, dans laquelle il paraissait désorienté et affaibli.

"Motifs sérieux"

Les juges de la phase préliminaire ont conclu qu'il existait "des motifs sérieux de croire que Duterte est responsable des crimes contre l'humanité", selon le communiqué de la CPI.

Des familles de victimes de la guerre contre la drogue menée par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte suivent en direct sur un écran l'audience de confirmation des charges à La Haye, le 26 février 2026 à Quezon City, dans la région métropolitaine de Manille ( AFP / Jam STA ROSA )

Des familles de victimes de la guerre contre la drogue menée par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte suivent en direct sur un écran l'audience de confirmation des charges à La Haye, le 26 février 2026 à Quezon City, dans la région métropolitaine de Manille ( AFP / Jam STA ROSA )

Lors de l'audience de "confirmation des charges" qui s'est tenue en février, les procureurs ont affirmé que M. Duterte avait fait tuer des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogue.

"Des décennies passées à assassiner son propre peuple, à assassiner les enfants des Philippines, et il prétend avoir fait tout cela pour son pays. Il ne le nie pas", avait résumé Julian Nicholls, du bureau du procureur.

Le premier chef d'accusation à l'encontre de M. Duterte concerne son implication présumée en tant que coauteur dans 19 meurtres commis entre 2013 et 2016, alors qu'il était maire de Davao.

Le deuxième chef d'accusation porte sur 14 meurtres de "cibles de grande importance" commis en 2016 et 2017, alors qu'il était président.

Manifestation devant la Cour pénale internationale (CPI) avant le prononcé du jugement sur l'appel interjeté par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte, le 22 avril 2026 à La Haye, aux Pays-Bas ( ANP / Sem van der Wal )

Manifestation devant la Cour pénale internationale (CPI) avant le prononcé du jugement sur l'appel interjeté par l'ancien président philippin Rodrigo Duterte, le 22 avril 2026 à La Haye, aux Pays-Bas ( ANP / Sem van der Wal )

Le troisième chef d'accusation porte sur 43 meurtres commis lors d'opérations de "nettoyage" visant des consommateurs ou des revendeurs de drogue présumés de bas niveau à travers les Philippines entre 2016 et 2018.

Lors de l'audience de confirmation des charges, la défense a clamé l'"innocence sans réserve" de M. Duterte, affirmant que si ses discours étaient truffés de menaces, il n'existait aucun lien avéré entre la rhétorique de son client et les crimes présumés.

Dans une procédure distincte, la Chambre d'appel de la CPI a confirmé mercredi la compétence de la Cour dans cette affaire, rejetant ainsi un pourvoi de la défense.

Ritz Lee Santos, directrice d'Amnesty International Philippines, a salué cette décision, la qualifiant de "moment historique pour les victimes et la justice internationale".

"Cela envoie un message clair : ceux qui sont accusés d'avoir commis des meurtres généralisés et systématiques, constitutifs de crimes contre l'humanité, se retrouveront un jour sur le banc des accusés, devant répondre de leurs actes devant la justice", a-t-elle ajouté.

1 commentaire

  • 13:27

    Non pas que j'ai apprécié ce type ou que j'ai apprécié sa guerre contre la drogue, totalement hors de proportion avec la dangerosité des drogues mais accuser quelqu'un de "crime contre l'Humanité" pour 68 meurtres prouve - une fois de plus - que les magistrats et les gens en général ont perdu totalement la Raison. Si tuer 68 personnes sont des crimes contre l'Humanité, quid des 60.000 palestiniens tués sous les bombes ? ? ?


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