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L'espace Schengen intégrera la Croatie mais pas la Roumanie ni la Bulgarie
information fournie par Reuters 08/12/2022 à 15:41

Une plaque portant les mentions Schengen et Europe

Une plaque portant les mentions Schengen et Europe

par Gabriela Baczynska

BRUXELLES (Reuters) - La Croatie était en passe jeudi de rejoindre les 26 pays de l'espace européen de libre circulation, tandis que la Bulgarie et la Roumanie pourraient en être exclues en raison des préoccupations de l'Autriche concernant la hausse de l'immigration clandestine.

L'espace Schengen, la plus grande zone de libre circulation au monde qui supprime les contrôles aux frontières intérieures entre les Etats signataires et associés, est considéré comme l'une des principales réalisations de l'intégration européenne.

Les contrôles d'urgence ont toutefois été régulièrement introduits au cours de la dernière décennie face à l'augmentation de l'immigration depuis le Moyen-Orient et l'Afrique, et à la difficulté pour les pays membres de contenir efficacement les menaces pour la sécurité locale.

La Commission européenne, organe exécutif de l'UE, a déjà recommandé l'intégration de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Croatie dans l'espace Schengen, estimant qu'elles avaient satisfait aux exigences techniques nécessaires.

Le ministre autrichien de l'intérieur, Gerhard Karner, a toutefois déclaré aux journalistes, à son arrivée à une réunion importante à Bruxelles, qu'il voterait contre l'admission de la Roumanie et de la Bulgarie, bloquant ainsi l'adhésion qui nécessite le soutien unanime de tous les membres - 22 nations de l'UE, le Liechtenstein, l'Islande, la Norvège et la Suisse.

"Il n'est pas normal qu'un système qui ne fonctionne pas correctement dans de nombreux endroits soit étendu à ce stade", a-t-il déclaré, ajoutant que l'admission des deux États de l'Est de l'UE pourrait poser des problèmes de sécurité.

L'Autriche a enregistré 100.000 franchissements clandestins de la frontière depuis le début de l'année, dont 75.000 personnes sans enregistrement préalable sur le continent, ce qui ne devrait pas se produire dans un pays situé au cœur de l'espace Schengen, a-t-il déclaré.

L'immigration est un sujet brûlant en Europe depuis 2015, avec l'arrivée de plus d'un million de personnes à travers la mer Méditerranée, principalement sur des bateaux de passeurs, ce qui a incité l'UE à renforcer ses frontières extérieures.

Selon les données de l'Onu, quelque 145.000 personnes ont traversé la mer cette année, et plus de 1.800 ont péri en tentant d'atteindre les côtes européennes. L'agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières (Frontex) a déclaré le mois dernier avoir enregistré 281.000 entrées irrégulières dans l'ensemble du bloc au cours des 10 premiers mois de 2022, soit une hausse de 77% par rapport à l'année précédente et le chiffre le plus élevé depuis 2016.

L'afflux de migrants par la route des Balkans occidentaux et les millions d'Ukrainiens fuyant l'invasion russe vers l'UE ont ravivé les inquiétudes en matière d'immigration, compliquant ainsi la situation de la Roumanie et de la Bulgarie.

Les Pays-Bas se sont joints à l'Autriche pour s'opposer à l'intégration de la Bulgarie, en invoquant des préoccupations liées à la corruption et aux migrations.

(Reportage Gabriela Baczynska, avec la contribution Clement Rossignol ; version française Dagmarah Mackos, édité par Blandine Hénault)

1 commentaire

  • 08 décembre 16:23

    Le problème n'est pas d'empêcher les personnes d'entrer, mais bien de les obliger à sortir lorsque leur entrée n'est pas conforme aux règles en vigueur dans le pays et aux conventions internationales. Trop de décisions d'expulsions restent sans effets créant ainsi une clandestinité dangereuse tant pour les personnes concernées que pour les états.


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