(Actualisé avec frappes jordaniennes en Syrie)
par AbdelHadi Ramahi et Yomna Ehab
AL-JUDAYYDA, Jordanie, LE CAIRE, 26 octobre (Reuters) - L a Jordanie a déclaré lundi que ses forces aériennes ont frappé des repaires de combattants dans le sud de la Syrie en réponse à l'attaque meurtrière de vendredi contre une église dans le sud du pays.
Les forces de sécurité jordaniennes ont précisé que l'opération avait été menée en coordination avec Damas, ce que le régime syrien dément.
Les autorités syriennes ont dit avoir ouvert une enquête sur les forces jordaniennes, soulignant l'importance de renforcer la coordination de la sécurité dans les régions frontalières.
Damas a fait part de ses "réserves totales" au sujet de frappes qui ont été menées sans coordination préalable, a indiqué le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Les frappes jordaniennes ont fait cinq morts civils, dont des femmes et des enfants, a annoncé un dirigeant sanitaire syrien à une agence de presse étatique.
Amman n'a pas fourni de commentaire sur ces événements.
Plus tôt, les forces de sécurité jordaniennes ont annoncé avoir arrêté trois suspects après l'attaque meurtrière perpétrée vendredi.
Ces trois hommes, deux frères et leur beau-frère, ne semblent avoir aucun lien avec des cellules islamistes identifiées, ont déclaré de hauts responsables de la sécurité gouvernementale.
"Si Dieu le veut, ils ne représentent qu'eux-mêmes", a déclaré le directeur de la sécurité publique jordanienne, le major-général Obeidallah al Maaytah, au cours d'une conférence de presse aux côtés du ministre de l'Intérieur Mazen al Faraya.
"Le dossier n'est pas encore clos; les investigations se poursuivent. A ce jour, rien n'indique un lien entre eux et d'autres cellules", a précisé Mazen al Faraya.
Le ministre de l'Intérieur a ajouté que les autorités examinaient les circonstances qui avaient poussé ces assaillants présumés vers l'extrémisme et qu'ils seraient tenus pour responsables si leur participation était confirmée.
Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir participé à une attaque survenue vendredi lors de funérailles dans une église grecque orthodoxe du village de Hamoud, dans le gouvernorat de Karak, situé à environ 120 km au sud-ouest d'Amman. Cette attaque a fait neuf morts et 40 blessés, suscitant la crainte au sein de la communauté chrétienne du pays.
La Direction de la sécurité publique jordanienne a indiqué que les suspects avaient été localisés alors qu'ils se cachaient dans une maison abandonnée à Karak. Ils ont refusé de se rendre et ont attaqué les forces de sécurité, qui ont riposté et interpellé les trois hommes après les avoir blessés, a précisé la Direction dans un communiqué publié dans les médias d'État.
Aucun membre des forces de sécurité n'a été blessé lors de l'interpellation, et plusieurs armes à feu ainsi que des munitions ont été retrouvées en possession des suspects.
Le roi Abdallah II, dont le pays s'est allié aux Etats-Unis dans la lutte contre les groupes islamistes, a ordonné aux forces de sécurité de réagir avec une "main de fer" à cette attaque contre la minorité chrétienne.
(Reportage Enas Alashray, Yasmine Ghania et Maya Gebeily; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)

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