(Actualisé avec début du vote)
par Steven Scheer et Pesha Magid
Les quelque 7,3 millions d'électeurs israéliens ont commencé à voter mardi pour décider du sort du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu lors des élections législatives, premier scrutin national depuis le choc des attaques meurtrières du Hamas le 7 octobre 2023.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 heure locale (05h00 GMT) et fermeront à 22h00.
Vivement critiqué pour n'avoir pu empêcher l'attaque du 7-Octobre, qui a fait plus de 1.200 morts en Israël et conduit l'Etat hébreu à déclencher des guerres à Gaza, au Liban et en Iran, Benjamin Netanyahu, 77 ans, aborde le scrutin affaibli, malgré le soutien affiché du président américain Donald Trump.
Ce test électoral a de fait valeur de référendum après le traumatisme du 7-octobre, mais "Bibi", poursuivi par ailleurs pour des faits de corruption, ambitionne de maintenir son record de longévité au pouvoir après 19 années de mandat cumulées (1996-1999, 2009-2021, depuis 2022).
Il devra compter avec la concurrence inattendue de l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Gadi Eisenkot, 66 ans, qui a promis de diligenter une commission d'enquête publique sur les failles présumées de l'appareil sécuritaire israélien le 7 octobre 2023.
Selon les derniers sondages en date, le parti du chef du gouvernement sortant, le Likoud (classé à droite), est au coude-à-coude avec le parti centriste Yashar du général à la retraite.
Durant la campagne, Benjamin Netanyahu, qui réfute toute responsabilité dans l'échec sécuritaire du 7-Octobre, s'est posé en garant de la sécurité d'Israël et s'est prévalu du soutien exclusif de Donald Trump face à la "menace existentielle" iranienne.
L'INCONNUE EISENKOT
Gadi Eisenkot, qui a perdu son fils de 25 ans et deux neveux dans le conflit dans la bande de Gaza, a accusé Benjamin Netanyahu de "s'appuyer sur une campagne fondée sur la politique de la peur, les mensonges et les menaces", et s'est dit convaincu que Donald Trump travaillerait "en totale coopération avec quelque dirigeant choisi par le peuple".
Les électeurs sont appelés à renouveler les 120 membres de la Knesset - l'unique chambre du Parlement israélien - pour un mandat de quatre ans, selon un mode de scrutin proportionnel par liste.
Pour être représentée au Parlement, une liste doit recueillir au moins 3,25% des voix, ce qui lui permet d'obtenir quatre sièges. Aucun parti n'a jamais réussi à emporter seul la majorité absolue (61 sièges) et les gouvernements sont donc le fruit de coalitions, parfois fragiles.
Ce système accorde une grande importance aux petits partis, souvent indispensables à la formation d'une coalition viable. Les Premiers ministres sont ainsi régulièrement contraints de satisfaire leurs exigences pour garantir la survie de leur cabinet.
Ainsi Benjamin Netanyahu, qui pourrait de nouveau tirer parti de cette fragmentation politique, mais reste tributaire de l'appui des figures de l'extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, cibles de sanctions de la part de certains pays occidentaux.
Les résultats définitifs de l'élection sont attendus d'ici au 30 octobre et seront officiellement annoncés le 4 novembre.
Le président Isaac Herzog engagera ensuite des consultations politiques en vue de la formation d'un gouvernement. Le futur Premier ministre dispose de 42 jours pour mener à bien la constitution de son équipe.
(Rédigé par Tom Perry; version française Camille Raynaud, Etienne Breban et Sophie Louet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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