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L'Islande dit "non" à une reprise des négociations d'adhésion à l'UE
information fournie par Reuters 30/08/2026 à 12:53
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(Actualisé avec résultat final, précisions)

Les Islandais ont rejeté dimanche la proposition d'une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne (UE) à l'issue du référendum organisé samedi, infligeant un camouflet au gouvernement et se rangeant du côté de ceux qui y voyaient un risque quant à la souveraineté des eaux de pêche du pays.

Après le dépouillement de la totalité des bulletins de votes, les électeurs se sont prononcés à 52,8% contre la proposition du gouvernement d'entamer des négociations avec Bruxelles, tandis que le "oui" a recueilli 47,2% des voix, ont rapporté la chaîne de télévision publique RUV et d'autres médias islandais.

Le gouvernement avait présenté son projet d'adhésion comme un moment décisif, "maintenant ou jamais", et la Première ministre Kristrun Frostadottir avait déclaré aux électeurs en août qu'un "non" mettrait fin à toutes les spéculations autour de l'UE. L'exécutif islandais doit tenir une conférence de presse à 13h00 (13h00 GMT).

A Bruxelles, certains responsables avaient présenté l'Islande, cet Etat insulaire de 400.000 habitants, comme un dossier à faible risque, susceptible même d'atténuer le scepticisme à l'égard de l'élargissement de l'UE et de renforcer stratégiquement le bloc communautaire alors que la question de la sécurité dans l'Arctique prend de plus en plus d'importance.

Le président américain Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises qu'il souhaitait conclure un accord pour acquérir le Groenland, île située entre l'océan Atlantique et l'océan Arctique.

Plus largement, les bouleversements géopolitiques, notamment la guerre au Moyen-Orient, ont alimenté l'inflation et accru la vulnérabilité des petites économies.

Le principal taux directeur de la banque centrale islandaise est de 8%, contre 2,25% pour celui de la Banque centrale européenne (BCE).

Avant le référendum, les débats en Islande ont porté davantage sur les taux d'intérêt, les droits de pêche et le coût de la vie que sur la sécurité.

Les partisans du "oui" affirmaient que l'adhésion à l'UE pourrait faire baisser le niveau des taux d'intérêt en Islande.

"Cela ne résoudrait pas les problèmes structurels de l'Islande, mais cela pourrait devenir un catalyseur pour une économie plus saine", avait déclaré Vilhjalmur Hilmarsson, chef économiste chez Viska, un syndicat professionnel islandais de premier plan.

Les partisans du "non", de leur côté, soutenaient que l'adhésion à l'UE menacerait la souveraineté de l'île et ses zones de pêche.

Dans la réglementation européenne, les quotas de pêche sont établis, entre autres, en fonction des pratiques de pêche historiques. Certains responsables islandais ont déclaré que l'Islande conserverait donc le contrôle de ses eaux, aucun pays de l'UE n'y ayant pratiqué la pêche depuis des décennies.

La cheffe de l'opposition, Gudrun Hafsteinsdottir, qui a mené la campagne du "non", avait déclaré que les arguments économiques en faveur du "oui" étaient exagérés.

"Ce ne sont pas des problèmes que Bruxelles va résoudre pour nous. Ce sont des problèmes que les responsables politiques islandais doivent résoudre", avait-elle affirmé.

L'Islande a déposé sa candidature à l'UE en 2009, après l'effondrement de son système bancaire l'année précédente. Quatre années de négociations plus tard, un gouvernement eurosceptique a suspendu le processus en 2013.

VOIR AUSSI:

LE POINT sur le référendum en Islande sur les négociations d'adhésion à l'UE. (Full Story)

(Tom Little et Johan Ahlander à Reykjavik et Stine Jacobsen et Louise Rasmussen à Copenhagen; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou)

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