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L'Iran prêt à la guerre comme au dialogue-ministre iranien des Affaires étrangères
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L'Iran a appelé pour négocier sur le nucléaire, dit Trump
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Des "options très fortes" restent à l'étude, prévient le président américain
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En Iran, la situation est "sous contrôle"-Araqchi
(Actualisé avec convocation des ambassadeurs européens §16, interdiction d'accès au Parlement européen §17, contexte §23)
par Nayera Abdallah, Jana Choukeir et Tala Ramadan
12 janvier - L'Iran a affirmé lundi être toujours disposé au dialogue avec les Etats-Unis alors que Donald Trump dit réfléchir à des "options très fortes", y compris militaires, face à la répression violente menée par le régime de Téhéran à l'encontre des manifestations qui secouent le pays.
Lancé le 28 décembre dernier par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran protestant contre une inflation galopante et la chute du rial, le mouvement de contestation a pris une tournure politique et s'est étendu à de nombreuses villes de province.
Téhéran accuse les Etats-Unis et Israël de fomenter la révolte.
Israël et l'Iran se sont affrontés pendant douze jours en juin dernier et les Etats-Unis sont intervenus au côté de l'Etat hébreu en bombardant les installations nucléaires iraniennes. L'Iran a riposté en tirant des missiles sur la base américaine d'al Oudeïd au Qatar, sans faire de victimes et après avoir prévenu Washington de l'imminence des frappes.
Depuis l'émergence de la vague de contestation, Donald Trump a plusieurs fois menacé Téhéran de venir en aide aux protestataires en cas de répression trop brutale.
Face à ces menaces, l'Iran a averti dimanche qu'il pourrait cibler Israël et les bases américaines au Moyen-Orient en représailles à une éventuelle intervention des Etats-Unis contre la République islamique.
"Nous sommes prêts pour la guerre mais aussi pour le dialogue", a souligné lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi, selon des propos traduits en anglais, lors d'une réunion avec des ambassadeurs étrangers à Téhéran.
Donald Trump a affirmé pour sa part dimanche soir que Téhéran avait contacté Washington pour négocier sur son programme nucléaire.
"L'Iran a appelé, ils veulent négocier", a déclaré le président américain aux journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One. "Nous pourrions les rencontrer", a-t-il ajouté, précisant qu'une "réunion est en cours d’organisation".
Donald Trump a néanmoins indiqué que les Etats-Unis pourraient "être amenés à agir avant la réunion" en fonction de la situation en Iran.
TRUMP ÉTUDIE DES "OPTIONS TRÈS FORTES"
Un responsable américain a fait savoir dimanche à Reuters que le président rencontrerait mardi ses principaux conseillers pour discuter des options concernant l'Iran. Selon le Wall Street Journal, ces options incluent des frappes militaires, le recours à des cyberarmes, un renforcement des sanctions et un soutien en ligne aux sources antigouvernementales.
"L'armée examine la question, et nous étudions des options très fortes", a déclaré Donald Trump à bord d’Air Force One.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a indiqué lundi que les lignes de communication entre Téhéran et Washington restaient ouvertes.
"Le canal de communication entre notre ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, et l'envoyé spécial américain [Steve Witkoff, NDLR] est ouvert et des messages sont échangés chaque fois que nécessaire", a-t-il déclaré.
Les contacts restent également ouverts par l'intermédiaire de la Suisse, médiateur traditionnel, a-t-il précisé.
"Ils [les États-Unis] ont abordé certains cas, des idées ont été évoquées et, d'une manière générale, (...) la République islamique est un pays qui n'a jamais quitté la table des négociations", a ajouté Esmaeil Baghaei, regrettant toutefois les "messages contradictoires" envoyés par les États-Unis, qui témoignent selon lui d'un manque de sérieux.
Lundi, l'agence de presse semi-officielle Tasnim a indiqué que les ambassadeurs de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et du Royaume-Uni avaient été convoqués par le ministère iranien des Affaires étrangères qui dénonce le soutien exprimé par ces pays aux manifestants.
Parallèlement, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola a annoncé sur X avoir interdit l'accès à tous les locaux du Parlement de Strasbourg au personnel diplomatique et à tout autre représentant de l'Iran.
SITUATION "SOUS CONTRÔLE", DIT ARAQCHI
Selon l'organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, la répression des manifestations en Iran a fait 490 morts parmi les manifestants et 48 au sein des forces de sécurité, et plus de 10.600 personnes ont été arrêtées.
L'Iran n'a pas communiqué de bilan officiel et Reuters n'a pas été en mesure de vérifier les chiffres de source indépendante.
La télévision d'État iranienne a diffusé lundi des images en direct d'une foule importante assistant aux funérailles des membres des forces de sécurité tués à Shahroud, ainsi que des images de manifestations progouvernementales organisées dans différentes villes comme Kerman, Zahedan et Birjand.
Les autorités iraniennes ont appelé à un rassemblement national lundi pour condamner les "actions terroristes menées par les États-Unis et Israël", ont rapporté les médias d'État.
Des images diffusées samedi sur les réseaux sociaux, en provenance de Téhéran, montrent une importante foule défilant de nuit, applaudissant et scandant des slogans. Cette foule "est sans fin ni commencement", clame un homme.
Malgré l'ampleur des manifestations, aucun signe de division n'est apparu au sein du clergé chiite, des forces armées ou de sécurité. Les manifestants ne disposent d'aucune direction centrale clairement identifiée alors que l'opposition iranienne reste fragmentée.
Lundi, Abbas Araqchi a affirmé que la situation était "désormais totalement sous contrôle".
Il a ajouté que le réseau Internet, coupé depuis jeudi en Iran, serait rétabli en coordination avec les forces de sécurité.
(Avec la contribution Elwely Elwelly à Dubaï, Rami Ayyub, Maayan Lubell et Alexander Cornwell à Jérusalem, Steve Holland à Washington, vérification vidéo par Mahezabin Syed, Eleanor Whalley et Marine Delrue, rédigé par Michael Georgy ; version française Blandine Hénault)

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