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La Nasa bouleverse ses plans de retour sur la Lune après de multiples retards
information fournie par AFP 27/02/2026 à 23:52

L'administrateur de la Nasa Jared Isaacman durant une conférence de presse au Kennedy Space Center à Cap Canaveral en Floride, le 27 février 2026 ( AFP / Miguel J Rodriguez Carrillo )

L'administrateur de la Nasa Jared Isaacman durant une conférence de presse au Kennedy Space Center à Cap Canaveral en Floride, le 27 février 2026 ( AFP / Miguel J Rodriguez Carrillo )

La Nasa a annoncé vendredi bouleverser ses plans de retour sur la Lune en ajoutant une mission lunaire habitée supplémentaire avant l'envoi d'astronautes sur la surface lunaire, toujours prévu pour 2028.

Ce changement abrupt dans le programme Artémis est destiné à augmenter la cadence des lancements afin de faciliter la résolution de problèmes techniques, a justifié le nouveau patron de la Nasa, Jared Isaacman.

"Lorsque vous effectuez un lancement tous les trois ans, vos compétences s'atrophient", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. "Ce n'est pas la voie à suivre".

L'agence spatiale américaine va donc ajouter une mission intermédiaire avant le retour des astronautes sur la surface lunaire, jusqu'alors prévu pour Artémis 3.

Cette annonce survient après qu'un panel d'experts chargés de conseiller la Nasa a jugé cette mission comme à haut risque en raison d'un nombre élevé de "premières" techniques et opérationnelles, dans un rapport publié il y a deux jours.

Saluant les décisions prises par le nouvel administrateur de la Nasa comme "réalistes et nécessaires", le directeur du Space Policy Institute Scott Pace a indiqué à l'AFP s'attendre à d'autres réformes prochaines.

Si le changement annoncé vendredi permettra "sûrement de réduire une partie des risques", "beaucoup d'interrogations" demeurent quant à la faisabilité d'un alunissage à court terme, principalement en raison de l'absence d'un alunisseur prêt à ce jour, estime lui Clayton Swope du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) auprès de l'AFP.

- Pression de la Chine -

Programme phare de la Nasa, Artémis cumule depuis des années des retards et des déconvenues techniques.

La dernière en date concerne la très attendue mission Artémis 2, qui enverra des astronautes autour de la Lune pour la première fois en plus de 50 ans. Elle a été retardée une nouvelle fois la semaine passée à la suite d'un problème technique sur la fusée et est désormais prévue pour au plus tôt avril.

Face à cet énième report et la pression exercée par la Chine, puissance rivale des Etats-Unis qui ambitionne également d'envoyer des hommes sur la Lune d'ici 2030 et d'y installer une base, la Nasa change donc ses plans.

Les astronautes ne se poseront donc pas sur la surface lunaire lors d'Artémis 3 mais tenteront à la place une manoeuvre de rendez-vous en orbite avec un alunisseur.

L'étape cruciale et très risquée de l'alunissage sera elle tentée plus tard, lors des missions Artémis 4 et Artémis 5 prévues désormais toutes les deux pour 2028, a expliqué le patron de la Nasa.

Cette date coïncidera avec la dernière année du mandat de Donald Trump.

"Nous ne nous engageons pas nécessairement à lancer deux missions en 2028", a précisé M. Isaacman, "mais nous voulons avoir la possibilité de le faire".

- Futures missions vers Mars -

Ce plan pourrait toutefois être encore retardé, du fait de la Nasa mais aussi de ses partenaires privés SpaceX et Blue Origin, les entreprises spatiales des multimilliardaires Elon Musk et Jeff Bezos qui ont été chargées du développement des alunisseurs et accumulent également des retards.

La refonte annoncée par la Nasa vise à rapprocher l'architecture d'Artémis de celle du célèbre programme Apollo qui avait permis dans les années 1960 et 1970 aux Etats-Unis de battre l'Union soviétique durant la première course à la Lune.

Ce programme, qui consistait en de multiples missions rapprochées de difficulté croissante, a transporté les seuls êtres humains ayant foulé la surface lunaire.

Annoncé sous la première présidence de Donald Trump après avoir été envisagé pendant plusieurs décennies, le programme Artémis consistait lui en peu de missions espacées avec des grands objectifs, l'ambition à terme étant d'établir une présence humaine durable sur la Lune et de préparer de futures missions sur Mars.

Mais il a accumulé ces dernières années de nombreuses critiques en raison de son coût très élevé et des nombreux retards.

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