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Iran-L'Onu pense que les USA ont commis des crimes de guerre et Téhéran des crimes contre l'humanité
information fournie par Reuters 17/09/2026 à 14:15
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par Olivia Le Poidevin

Une mission d'enquête de l'Onu sur l'Iran a annoncé jeudi qu'elle disposait d'éléments suffisants pour penser que les États-Unis étaient à l'origine de deux frappes menées fin février contre une école et un complexe sportif en Iran, ajoutant que celles-ci constituaient des crimes de guerre.

La Mission d'enquête internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran a également conclu que Téhéran avait commis des crimes contre l'humanité lors de la répression meurtrière des manifestations antigouvernementales.

Ces conclusions figurent dans un nouveau rapport, qui doit être soumis au Conseil des droits de l'homme de l'Onu à Genève, relatif à la conduite des États-Unis dans le cadre de la guerre en Iran et à la réponse de Téhéran aux manifestations qui ont éclaté à l'échelle nationale fin décembre 2025.

Les missions permanentes iranienne et américaine à Genève n'ont pas répondu dans l'immédiat à des demandes de commentaires.

Les Etats-Unis ont précédemment déclaré que leurs opérations militaires étaient menées conformément au droit des conflits armés, tandis que l'Iran rejette les accusations de violations systématiques des droits de l'homme.

Les experts de l'Onu ont indiqué avoir trouvé des motifs raisonnables permettant d'établir la responsabilité des forces américaines dans le bombardement le 28 février de Shajareh Tayyebeh, école primaire pour filles située dans la ville de Minab, qui a fait plus de 150 morts dont environ 120 écolières, selon un bilan établi par des responsables iraniens.

La mission a conclu que cette attaque constituait une frappe indiscriminée ayant causé la mort de civils et endommagé des infrastructures civiles, ce qui équivaut à un crime de guerre au regard du droit international.

LES USA "CONSCIENTS" DU RISQUE DE FRAPPER UNE ÉCOLE

Selon le rapport, l'armée américaine n'a pas mis à jour dans ses bases de données de ciblage les informations relatives à cette école, située à proximité d'un complexe naval du Corps des gardiens de la révolution islamique, et n'a pas vérifié que le bâtiment constituait un objectif militaire, ce qui va au-delà d'une simple négligence.

"Au contraire, les États-Unis ont dirigé les frappes vers le bâtiment de l'école tout en étant conscients d'un risque substantiel de frapper un objectif civil et en agissant de manière imprudente face à cette éventualité."

En juin, le président américain Donald Trump a déclaré que "personne" n'avait délibérément attaqué cette école, en référence à une enquête sur cette frappe.

Selon des informations recueillies par Reuters, une première enquête interne a conclu que les forces américaines étaient probablement responsables du bombardement de Minab. Le Pentagone a depuis élargi le champ de l'enquête, mais n'en a pas publié les conclusions préliminaires.

Toujours selon les experts de l'Onu, l'école était un objectif civil clairement identifiable et aucune preuve n'a été trouvée de son éventuelle utilisation à des fins militaires.

Ils sont parvenus à une conclusion similaire concernant une frappe sur un centre sportif dans la ville de Lamerd également survenu le 28 févier, premier jour de la guerre. Le rapport indique que l'attaque a endommagé des immeubles résidentiels et une école situés à proximité, qu'elle a fait 22 morts et blessés parmi les civils et qu'elle constitue là aussi un crime de guerre.

UNE OFFENSIVE GÉNÉRALISÉE DE TÉHÉRAN CONTRE LES CIVILS

Le Commandement central américain a déclaré dans un communiqué publié en mars que les forces américaines n'avaient mené aucune frappe dans la ville de Lamerd ce jour-là.

L'enquête de la mission de l'Onu conclut en outre que les autorités iraniennes ont mené une offensive généralisée et systématique contre les civils lors des manifestations qui ont éclaté fin décembre 2025, avec des exécutions illégales, des actes de torture, des détentions arbitraires, des enlèvements et d'importantes restrictions à la liberté d'expression.

Selon des organisations de défense des droits de l'homme, de simples passants ont été tués lors de ce qui a constitué la répression la plus sévère depuis la révolution de 1979.

Téhéran a imputé ces événements à des "terroristes et émeutiers" soutenus par des opposants en exil, ainsi qu'aux États-Unis et à Israël.

L'enquête indique que la mission de l'Onu n'a pas pu vérifier de manière indépendante le bilan des victimes, mais que le bilan de la répression est probablement bien supérieur aux chiffres officiels faisant état de 3.038 morts et 25.000 blessés.

La réponse du pouvoir iranien aux manifestations - notamment le recours à la violence et aux meurtres, à la coupure d'internet et à la peine de mort - a constitué une escalade significative par rapport aux répressions antérieures de la dissidence, indique le rapport.

(Reportage Olivia Le Poidevin, version française Benjamin Mallet, édité par Benoit Van Overstraeten)

1 commentaire

  • 17 septembre 17:26

    Qui a organisé les manifestations violentes en Iran : le faire savoir à la mission d'enquête svp


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