Pour l'année 2024, l'Ademe a recensé 352 centres de données actifs en France, pour un total de 8,16 TWh d'électricité consommés en rythme annuel.
Un data center à Roubaix. ( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Le déploiement de l'intelligence artificielle dans la société et son usage croissant par les Français va provoquer une forte hausse de la consommation électrique dans le pays, avec une multiplication par quatre de la consommation électrique des centres de données dédiés, anticipe l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) dans un rapport diffusé mardi 6 janvier.
Les centres de données sont "très énergivores" et consomment "de grandes quantités d'électricité pour alimenter et refroidir les serveurs" , explique l'agence publique, évoquant une consommation de 415 térawattheure au niveau mondial en 2024. Dans ce contexte, l'Ademe a cherché à anticiper l'évolution de la consommation de ces infrastructures jusqu'en 2060, en élaborant cinq cas de figure, plus ou moins vertueux sur le plan de la consommation d'énergie.
"Les résultats de notre modélisation pour la période 2024-2035 montrent que, si aucune politique de transition écologique n'est mise en place, la consommation électrique des centres de données risque d'être multipliée par 3,7 rien que sur le territoire français, et multipliée par 4,4 si on tient compte de la consommation électrique des centres de données à l'étranger pour répondre aux usages des Français", dit l'Ademe dans son rapport.
Pour l'année 2024, elle a recensé 352 centres de données actifs en France, pour un total de 8,16 TWh d'électricité consommés en rythme annuel.
Accroissement des émissions de gaz à effet de serre
Elle estime que les usages numériques des Français ont également entraîné 13,79 TWh/an de consommation électrique importée en 2024, c'est-à-dire quand les activités en ligne des Français nécessitent le recours à des centres de données étrangers, donc à de la production d'énergie étrangère.
Soit un total de 23,71 TWh/an, qui pourrait s'envoler à 105,25 TWh/an en 2035 si les tendances actuelles se poursuivaient.
L'Ademe s'inquiète du fait que les 2/3 de l'augmentation "auraient lieu à l'étranger, dans des pays dont les mix électriques sont en moyenne beaucoup plus carbonés qu'en France" . Cela causerait un "accroissement important" des émissions de gaz à effet de serre.
Les hypothèses sont toutefois très prospectives. En fonction de celles retenues, "les consommations d'électricité française des datacenters en 2060 vont d'une division par 2 par rapport à aujourd'hui, à une multiplication par un facteur 7", déclare l'Ademe.
L'étude a mobilisé, outre l'Ademe, des représentants du ministère de la Transition écologique, du ministère de l'Économie et des finances, de l'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep), des gestionnaires du réseau à haute tension RTE et de distribution d'électricité Enedis, ainsi que du lobby des centres de données France Data Center.
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