Un homme promène son chien dans une rue inondée d'Angers, le 20 février 2026 ( AFP / Damien MEYER )
Le niveau de l'eau se stabilise dimanche à Angers, mais la décrue sera lente, comme dans d'autres zones de l'Ouest, où les crues exceptionnelles de ce début 2026 continuent de se propager en aval.
La Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire restent dimanche et lundi en vigilance rouge crues. Cinq autres départements de l'Ouest sont encore en vigilance orange mais quatre sont repassés au jaune: l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan, l'Indre-et-Loire et les Landes.
Si les pluies ont cessé, cela ne signifie pas "une baisse immédiate du risque d'inondation", rappelle Vigicrues dans son bulletin de 10h.
Des cours d'eau "amorcent une décrue en amont, mais les crues continuent de se propager vers l'aval", avec des hausses attendues par endroits, précise Vigicrues.
A Angers, ville de 160.000 habitants, le niveau de la Maine est monté à 6,39 mètres samedi soir et restait proche de ce niveau dimanche matin, selon Vigicrues.
"De nouvelles précipitations sont attendues la semaine prochaine et nous n'avons pas encore de visibilité sur le rythme ni sur la durée de la décrue", rappelait le maire, Christophe Béchu, samedi sur X.
Des cyclistes dans une rue inondée d'Angers, le 20 février 2026 ( AFP / Damien MEYER )
Au moins 5.000 personnes sont touchées par cette crue, la plus importante à Angers depuis 1995. Des rues sont fermées aux voitures et la circulation des tramways est perturbée. Des commerces sont fermés. Deux kilomètres de planches ont été installées pour permettre aux riverains de marcher au sec.
Au sud d'Angers, à Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire), "la mairie nous a fourni des parpaings et est venue m'aider à surélever tous mes meubles au rez-de-chaussée", indique Coralie, 26 ans, qui voit la Loire frôler sa maison située à une centaine de mètres du fleuve.
Une passerelle a été installée pour permettre aux habitants vivant encore plus proche du fleuve de rentrer les pieds au sec, a constaté un journaliste de l'AFP.
- Barque et cuissardes -
A Saintes, classée en vigilance rouge, la Charente s’élève toujours à 6,53 mètres et devrait rester proche de ce niveau toute la journée, selon Vigicrues. En 1982, l'eau était montée à 6,84 mètres dans la cité de Charente-Maritime.
Une rue inondée après une crue de la Charente, le 21 février 2026 à Saintes, en Charente-Maritime ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
"Le pic n'est pas atteint, on a l'impression que ça stagne", explique à l'AFP Alexandre Grenot, maire des Gonds, une commune voisine de 1.700 habitants "prise en étau" entre le fleuve et la rivière Seugne.
"On a 120 maisons sinistrées" et la moitié des personnes touchées ont quitté leur domicile, poursuit l'élu.
Avec de l'eau jusqu'à 1,50 mètre dans certaines rues, "les madriers qu'on avait installés flottent, on a recours à la barque et aux cuissardes. C'est monté assez vite, il a fallu que certaines personnes se fassent prendre par surprise pour que l'anticipation se mette en place ailleurs", raconte le maire.
"Les gens ont connu plusieurs crues, ils font référence à 1982, mais ils oublient qu'ils ont 44 ans de plus, alors on finit par les convaincre d'évacuer", poursuit Alexandre Grenot.
En Gironde, en vigilance orange, "la décrue se poursuit lentement", observent les autorités, malgré des débordements importants de la Garonne par endroits.
Selon la préfecture, 700 foyers restent privés d'électricité et le réseau d'eau potable est "fortement perturbé" dans des communes du sud du département.
Une rue inondée après une crue de la Garonne, le 21 février 2026 à La Réole, en Gironde ( AFP / Gaizka IROZ )
En Lot-et-Garonne, également en vigilance orange, une "lente décrue" est "amorcée", selon Vigicrues.
La Garonne s'étale encore sur plusieurs centaines de mètres de large vers Marmande. Des routes jusqu'ici fermées redeviennent praticables, jonchées de débris charriés par le fleuve, a constaté un journaliste de l'AFP.
En Bretagne, à Rennes et dans des villes aux alentours, durement touchées par des inondations début 2025, la décrue se poursuit. Dans le bourg de Pont-Réan, au sud de Rennes, où la Vilaine a inondé commerces et maisons, la ville a lancé un appel aux bénévoles pour aider au nettoyage.

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