Des bateaux ancrés au large de la péninsule de Musandam, au nord d'Oman, près du détroit d'Ormuz, le 27 juin 2026 ( AFP / - )
Donald Trump a assuré lundi qu'il y aurait bien une rencontre le lendemain au Qatar entre délégations américaine et iranienne, et ce à la demande de Téhéran, qui venait de son côté de démentir cette affirmation.
Cette annonce intervient alors que les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord à la mi-juin pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
"L'IRAN A DEMANDE UNE REUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN A DOHA !", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient sur place "cette semaine pour participer à des réunions de haut niveau".
Un diplomate au fait des pourparlers a confirmé à l'AFP une rencontre "ces prochains jours des équipes techniques", ajoutant que "les canaux de communication pour désamorcer les incidents étaient opérationnels".
Le ministère des Affaires étrangères iranien avait cependant démenti plus tôt toute réunion, parlant d'informations "incorrectes".
Frais de service
Les tensions se cristallisent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires.
Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.
L'Iran répète depuis des semaines en dépit de l'opposition des Etats-Unis qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre - quand le passage était gratuit. Et a menacé les navires tentés de contourner l'itinéraire autorisé.
Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont bombardé le pays en retour, et l'Iran a ciblé ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn.
De quoi fragiliser le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.
Le porte-conteneurs MSC Reef, battant pavillon libérien, est amarré à un quai du terminal à conteneurs de Khor Fakkan, situé le long du golfe d'Oman, le 28 juin 2026 ( AFP / - )
L'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur le transit dans le détroit d'Ormuz - et envisagent donc des frais de service -, en contradiction de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, non ratifiée par Téhéran, qui garantit la liberté de navigation "sans entrave" des navires dans les détroits servant à la navigation internationale.
Les deux pays avaient annoncé la semaine dernière la création d'un comité conjoint, avec pour point central la question de ces droits éventuels à payer. Selon Téhéran, une première réunion a eu lieu à une date non précisée.
Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, cette voie maritime a rouvert peu après la signature du protocole d'accord.
Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes.
Oman entretient de son côté le flou et a annoncé l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués.
Et lundi, le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq et le président français Emmanuel Macron ont plaidé pour une "navigation libre, sans conditions ni restrictions" et convenu d'y mener des "opérations de déminage conjointes". Ce à quoi, la diplomatie iranienne a répondu à la France de ne pas "compliquer davantage" la situation.
"détermination" du président libanais
Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ce week-end malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable", tuant une personne samedi et en blessant deux dimanche, selon les autorités libanaises.
Des partisans du Hezbollah bloquent la route menant à l'ancien aéroport, dans la banlieue sud de Beyrouth, en brûlant des pneus pour protester contre l'accord trilatéral signé entre les Etats-Unis, Israël et le Liban le 27 juin 2026 ( AFP / Ibrahim AMRO )
Cet accord prévoit notamment qu'Israël continue à occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes. Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis.
Lundi, le président libanais Joseph Aoun a justement affiché sa "détermination" à asseoir l'autorité de l'Etat en déployant son armée jusqu'à la frontière avec Israël, dans une zone où le Hezbollah est implanté.
Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.
Le groupe islamiste, qui rejette cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après ces dernières attaques israéliennes.

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