Des passagers espagnols en combinaison de protection, évacués du navire touché par un foyer d'hantavirus, attendent de monter à bord d'un avion à l'aéroport de Tenerife, le 10 mai 2026 ( AFP / Antonio Sempere )
L'évacuation des quelque 150 passagers et membres d'équipage du MV Hondius, où a été détecté un foyer d'hantavirus, a débuté dimanche avec les Espagnols et les Français dans un port de l'île de Tenerife, dans les Canaries, une opération sous haute surveillance qui durera jusqu'à lundi.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare, pour lequel il n'y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Des passagers espagnols évacués par avion, à l'aéroport de Tenerife, le 10 mai 2026 ( AFP / Antonio Sempere )
La crise a suscité une inquiétude mondiale, six ans après la pandémie de Covid-19 qui avait stupéfait la planète et mis les économies à l'arrêt.
"Le débarquement des passagers espagnols et du membre de l'équipage espagnol commence", a indiqué à 08H30 GMT le ministère espagnol de la Santé sur Telegram.
Sur place, une journaliste de l'AFP a vu plusieurs personnes assises à l'arrière d'un zodiac vêtues de combinaisons bleues de protection individuelle et portant des masques FFP2, ainsi que des charlottes jetables sur la tête.
Le petit groupe a ensuite été transféré à terre dans un car rouge de l'Unité d'urgence de l'armée espagnole, qui l'a emmené jusqu'à l'aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route.
Sur le tarmac, l'AFP a vu les premiers évacués descendre du bus, changer de combinaisons (du bleu au blanc), pour monter quelques mètres plus loin dans leur avion, affrété par l'armée. L'aéronef a ensuite décollé à 10H55 GMT avec, à bord, les 14 Espagnols qui étaient sur le Hondius et qui se trouvent désormais en direction de Madrid, où "ils effectueront une quarantaine" dans un hôpital militaire, d'après l'exécutif espagnol.
Des passagers en combinaison de protection sont acheminés avec leurs affaires vers un autobus après avoir été évacués du navire de croisière touché par un foyer d'hantavirus, le 10 mai 2026 à Granadilla de Abona, sur l'île espagnole de Tenerife ( AFP / JORGE GUERRERO )
Les cinq passagers français du navire les ont suivis quelques instants plus tard sur le tarmac, avant le décollage dans la foulée peu après 11H00 GMT de leur avion pour rentrer en France.
Au total, plus d'une centaine de personnes doivent être évacuées dans les prochaines heures du MV Hondius, qui est arrivé à l'aube au petit port de Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, île de l'Océan Atlantique.
- Évacuations jusqu'à lundi -
L'ensemble des occupants du navire "sont asymptomatiques", a assuré la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, lors d'un point-presse.
Un passager porte une combinaison de protection et un masque à bord d'un autobus après avoir été évacué du navire de croisière touché par un foyer d'hantavirus, le 10 mai 2026 à Granadilla de Abona, sur l'île espagnole de Tenerife ( AFP / JORGE GUERRERO )
Cela va permettre aux vols de rapatriement de s'enchaîner, en direction des Pays-Bas, du Canada, de la Turquie, du Royaume-Uni, d'Irlande et des Etats-Unis, selon Mónica García.
"Le dernier vol est prévu pour demain (lundi), ce sera un vol en direction de l'Australie", a prévenu la ministre espagnole dimanche matin.
Des passagers sont évacués du MV Hondius, dans le port industriel de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, le 10 mai 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )
Le gouvernement central à Madrid a répété que le dispositif mis en place assurait qu'il n'y aurait "aucun contact" tout au long de la chaîne avec la population locale. Une zone maritime d'exclusion temporaire a notamment été créée autour du bateau de croisière à son arrivée et le trajet au sol "isolé".
Un Airbus A310 de l'armée de l'air espagnole transporte des ressortissants qui viennent d'être évacués du navire touché par un foyer d'hantavirus, le 10 mai 2026 à Tenerife ( AFP / JORGE GUERRERO )
Toutefois, tous les occupants ne descendront pas aux Canaries, puisqu'il est prévu qu'une partie de l'équipage du MV Hondius reste à bord du navire, qui poursuivra sa route vers les Pays-Bas, où il est immatriculé par le croisiériste Oceanwide Expeditions.
En milieu de semaine, trois personnes avaient déjà été débarquées au Cap-Vert avant de rejoindre l'Europe en avion médicalisé.
- Placement à l'isolement -
En l'état et malgré l'absence à ce stade de symptômes, tous les passagers du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours, selon l'OMS.
Des policiers espagnols en tenue de protection, sur le port où accoste le MV Hondius, à Tenerife, le 10 mai 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )
Ces derniers jours, les autorités régionales des Canaries s'étaient fermement opposées à l'accostage sur l'archipel du MV Hondius, des habitants exprimant également leurs craintes, six ans après la pandémie de Covid qui reste dans toutes les têtes.
A son arrivée aux Canaries samedi soir, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait dit "comprendre" l'"inquiétude légitime" de la population locale, soutenant toutefois que "le risque (pour eux) était faible".
L'OMS martèle publiquement que la situation actuelle n'est pas comparable à celle du début de l'épidémie de Covid-19 en 2020.
Après sa prière du dimanche sur la place Saint-Pierre au Vatican, le pape Léon XIV a, quant à lui, remercié les Canaries d"'avoir permis l'accostage" du Hondius.
"J’ai hâte de vous voir tous le mois prochain", a-t-il ajouté en espagnol, à un mois de son voyage en Espagne (6-12 juin), lors duquel il fera une escale très attendue sur l'archipel espagnol sur le thème des migrants.
Un passager sur le pont du MV Hondius à son arrivée à Tenerife, le 10 mai 2026 ( AFP / JORGE GUERRERO )
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.

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