La ministre de la Santé Stéphanie Rist le 7 janvier 2026, à l'Assemblée nationale, à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
Au premier jour lundi de la grève des médecins libéraux - censée monter crescendo et durer dix jours - l'activité a baissé de 15% chez les généralistes par rapport à "l'activité habituelle", et celle des spécialistes de 6%, a indiqué mercredi la ministre de la Santé.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a communiqué ces données devant les sénateurs lors de la séance de questions au gouvernement, puis de manière plus détaillée dans un message posté sur le réseau social "X".
Ces chiffres correspondent au volume de feuilles de soin électroniques télétransmises lundi à l'Assurance maladie par les médecins, par rapport au même lundi de l'année 2025, a précisé à l'AFP le ministère de la santé.
De son côté, l'Assurance maladie a indiqué que 29.984 médecins généralistes avaient télétransmis des feuilles de soin lundi, soit 12,4% de moins que le même lundi de l'an dernier. Chez les spécialistes, le nombre de praticiens ayant télétransmis a reculé de 5,8%.
Depuis le début de la grève, les malades sans solution se tournent vers le Samu qui a été particulièrement sollicité, "dans un contexte de tension marqué par les épidémies hivernales et les intempéries" avec une hausse de "24% d'appels enregistrés cette semaine par rapport à la semaine du 8 décembre", a aussi relevé Mme Rist sur "X".
Mardi, le premier syndicat des urgentistes, Samu urgences de France, avait déjà alerté sur "une hausse de 30% à 50% d'appels" aux Samu-SAS (Service d'accès aux soins, qui associe Samu et médecine de ville pour répondre aux appels au 15).
Les médecins libéraux de ville et des cliniques, mécontents de certaines mesures contenues dans la loi de financement de la Sécurité sociale et le projet de loi contre les fraudes, sont lancés dans une grève de dix jours, prévue pour s'intensifier progressivement et aller vers une "fermeture totale" des blocs opératoires privés ce week-end.
Ils craignent aussi une remise en cause de leur liberté d'installation, objet de textes en cours d'examen au parlement.
Mais dans la loi de financement de la Sécurité sociale, "il n'existe pas de remise en cause de la liberté d'installation. J'entends parler de quota d'arrêts maladie, ça n'existe pas", a défendu Stéphanie Rist mercredi devant le Sénat.
Dans ce texte, à la suite du rejet de plusieurs articles et amendements par le parlement, il n'existe plus "de sanctions si le dossier médical partagé n'est pas rempli" ni "de taxation du secteur 2" (médecins conventionnés avec l'Assurance maladie, qui pratiquent les dépassements d'honoraires, ndlr), a-t-elle fait valoir.
C'est "un texte de compromis, (...) qui a été voté", a-t-elle souligné.
"Le dialogue n'est pas rompu, j'entends les craintes et les inquiétudes des médecins, la porte est ouverte, nous devons renforcer ce dialogue", a-t-elle conclu.
Des chiffres de l'Assurance maladie semblent relativiser le recul des télétransmissions des feuilles de soin lundi.
En effet, "un certain nombre de professions" de soins ont diminué leur volume de télétransmission lundi, alors qu'elles ne sont pas appelées à la grève, a-t-elle indiqué à l'AFP.
Le nombre de télétransmissions des dentistes a ainsi reculé de 8% sur 2025, tandis que celui des pharmaciens a baissé de 9%, a-t-elle expliqué.

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